Est-ce qu’il y a des bons et surtout des mauvais vernissages?

dans Communication/montage de l'exposition par

Vaste question!

J’ai déjà abordé la question de la réussite d’un vernissage à travers un article, mais plutôt ce qu’il fallait faire pour que votre vernissage devienne le point d’attraction.

L’idée étant bien sûr que votre vernissage attire du monde et fasse connaître votre exposition, donc votre travail.

Mais à travers une discussion avec une amie photographe du déroulement d’un vernissage, j’ai repensé à la question.

Alors y-a-t-il des bons et des mauvais vernissages?

Evidemment certains sont plus faciles à cataloguer que d’autres. Il y a des facteurs quantitatifs mais aussi qualitatifs. A cela j’ajouterai les facteurs externes qui peuvent tout changer. Non, parce que sinon ça serait trop simple. Un peu comme faire le tube de l’été.

Et comme j’en ai vécu quelque uns et qu’on m’en a raconté d’autres, je dois pouvoir illustrer facilement cet article.

Top départ!

Personne ne vient au vernissage.

Le pire des cas. En tout cas le plus facile à voir. Là pour le coup la sanction est nette et sans bavure. Aucune ambiguïté. Ça m’est arrivé une fois. Je pense que je détiens un record : 2 visiteurs au vernissage. Je vous rassure c’est forcément dans un lieu que je catalogue assez bas dans l’échelle des expositions (bar, restaurant, hôtel). Il s’agissait d’un hôtel en l’occurrence. 2 visiteurs, je vous explique même pas le défaut de communication. Et comme ça n’était pas à côté de chez moi, pour le coup, je ne pouvais que très peu activer mon réseau.

Facile : mauvais vernissage. Et très mauvaise soirée. Déprimante même.

 

Peu de monde, et surtout des habitués des vernissages.

Déjà avoir peu de monde, c’est chiant. Mais si en plus ceux qui sont là sont intéressés par les cacahuètes et le punch, c’est carrément déprimant. C’est une catégorie que vous risquez de rencontrer assez souvent dans les lieux plutôt municipaux.Il faut espérer que la communication sera assez efficace pour en diminuer la proportion.

Facile : mauvais vernissage. Et sans doute soirée aussi mauvaise que la précédente.

 

Vous avez du monde, mais vous les connaissez tous.

Super vernissage. On appelle ça une fête publique globalement. Au lieu de faire un BBQ dans le jardin, vous avez juste déplacé ça dans un endroit public. Ok j’abuse un peu, avec un peu de chances, il y a quelques inconnus.

La variante sur une exposition collective, c’est quand vous ne connaissez pas grand monde, mais que vous vous apercevez au fil du vernissage que tout le monde connaît un des artistes. Même problème que juste au-dessus. Fête privée en public.

Un peu plus compliqué parce que vous pouvez très bien ne pas vous en rendre compte. Mais globalement votre vernissage aura peu d’impact sur la suite de votre expo. Quand c’est des potes qui viennent, ils viennent pour vous.

 

Vous avez du monde, mais tout le monde se barre en même temps assez rapidement

C’est un cas assez rare mais sans doute l’angoisse ultime de l’organisateur d’événement. Et donc de vernissage.

Vous avez fait tout bien comme il faut. La comm est ultime. Tout le monde a annoncé qu’il viendrait. Et effectivement ils sont là. Mais ils partent tous pour aller voir un événement qu’ils jugent plus important. C’est rarement pour un autre vernissage. Par contre l’ennemi ultime c’est la coupe du monde ou l’équivalent. Autant vous dire qu’organiser un vernissage un soir ou la France joue sur un match d’un événement international est le bon moyen de perdre tout le monde. C’est arrivé à un ami et ça a failli nous arriver aux Echappées Belles. L’édition 5 se passait début juillet 2014, soit pile en plein milieu de la coupe du Monde. Et clairement si je l’avais su, je vous jure que je n’aurais jamais pris ce risque. Le mardi soir, jour où nous organisions le vernissage était soir de match. J’ai prié comme un malade pour que la France ne joue pas ce soir là. Et mon voeu a été exaucé. Le vernissage s’est du coup bien passé, mais je vous jure que j’ai flippé.

C’est pour cette raison que je vous conseille de faire attention à certaines choses :

  • Les événements sportifs majeurs : coupe du monde, l’Euro, les Jeux Olympiques.
  • Les vacances scolaires : à Paris vous pouvez être sûr que l’influence est néfaste. En Province, c’est moins tranché.
  • Les week-ends longs : à Paris le moindre jour de congé accordé et tout le monde part en Province. En Province par contre ça peut être favorable à votre événement.

 

Vous avez du monde mais…

Aucune incidence sur les ventes le soir même. Là c’est facile à voir qu’il y a un décalage entre vos invités et votre travail. Soit en terme de prix, soit en terme d’intérêt. Il y a aussi une chose qu’il va falloir surveiller même si c’est plus compliqué. C’est la diffusion de l’information sur la suite de l’événement. C’est impossible évidemment de voir qu’une information n’a pas été diffusée. Il faut donc procéder à l’envers. Si on parle de la soirée du vernissage sur les réseaux sociaux, que l’on partage les images le lendemain, vous pouvez considérer que c’est un succès. Le bouche à oreille fonctionne à plein. A contrario si vous n’avez aucun indice de cela, inquiétez-vous rapidement de l’impact du vernissage.

 

Ce que j’en pense

Voilà j’ai passé en revu des situations certaines pires que d’autres, mais je suis sûr que vous en avez reconnu quelques unes.

L’être humain a une grande faculté a s’attribuer les mérites quand tout fonctionne bien et surtout une aptitude incroyable à se dédouaner de l’échec. En tant qu’organisateur, je vous conseille très fortement de ne pas adopter la technique de l’autruche. A savoir vous mettre la tête dans le sable, en ignorant les facteurs qui indiquent qu’un vernissage s’est mal passé.

Personne n’est dupe. Encore moins l’artiste qui si même si il est moins impliqué, a vu comment ça se passe dans les coulisses. Si vous aviez prévu 100 personnes, et que seulement 2 se pointent, il y a un problème. Ça ne sert à rien d’accuser la météo, le match de foot, un événement concurrent ou d’autres raisons encore plus exotiques. Agir comme cela envoie un message très clair. Non seulement j’y suis pour rien, mais cela peut se reproduire. Une erreur ça arrive, un vernissage qui se passe mal aussi bien sûr. Le tout est d’en prendre bonne note et de considérer qu’il y a des choses à améliorer d’urgence.

Comme je l’avais dis dans l’article précédent, le vernissage est le jalon important d’une exposition. Je suis persuadé que si il doit y avoir des ventes lors d’une exposition 50% se feront le jour du vernissage. Il est donc impératif de ne pas le rater. En termes de vente puis en termes de communication positive, c’est le jour incontournable.

Alors un bon vernissage c’est quoi

  • Un vernissage ou la jauge attendue est atteinte voire dépassée (quantitatif)
  • Un vernissage où le soir même il y a des ventes (qualitatif)
  • Les jours suivants certains visiteurs vous parlent du vernissage ou en parlent sur les réseaux. Y compris ceux qui n’y étaient pas. (qualitatif)

 

PS : Ce que vous allez servir au vernissage n’a strictement aucune incidence. Du moment que les assiettes sont remplies (même de cacahuètes) et les bols de punch les gens sont heureux. Pas la peine de fonctionner à coup de champagne et de petits fours. Ceci pour faire écho à la photo que j’ai choisi pour illustrer cet article.

Auteur-Photographe depuis 2009 Organisateur des Echappées Belles de 2011 à 2014. Membre actif de Lumière d'Encre, http://www.lumieredencre.fr Auteur-Photographe : http://www.nicolaspoizot.fr

Vous en pensez quoi?