Crédit Photo Jeremy Yap

Comment foirer ou réussir son vernissage par l’exemple

dans Communication/montage de l'exposition par

Le sujet du jour est de parler de ce qu’on peut rencontrer de pire et de meilleur lors de son vernissage. Et pourquoi.

Pour illustrer cet article, rien de plus simple que de parler de son expérience. Alors je vais vous raconter ma pire expérience de vernissage et bien sûr ma meilleure expérience.

Il est assez facile d’identifier l’un ou l’autre de ces deux exemples dans le cas d’une exposition individuelle. On parlera aussi des expositions collectives après mes deux exemples.

Mon pire vernissage

Déjà coup de bol mon pire vernissage est arrivé il y a peu. Et ça n’a pas été ma première expérience. Encore heureux car j’imagine bien l’effet que cela peut avoir sur son moral de subir ça à son premier vernissage.

A mon avis le pire qu’il puisse arriver lors d’un vernissage, c’est qu’il n’y ait personne. Je ne donnerai pas de nom, car ça ne servira à rien. D’autant plus que les « torts » sont sans doute partagés. Ca m’est arrivé l’année dernière et il s’agissait d’une expo dans un hôtel. Un chouette lieu, mais le vernissage a réuni 2 visiteurs. Oui oui j’ai bien dis 2. Pas un de plus.

Il y avait donc moi, deux organisateurs et donc deux visiteurs, qui en plus ne se sont pas croisés…

Sacrée claque il faut bien l’avouer. D’autant plus que j’avais fais quelques kilomètres pour la prendre celle-là.

Avec le recul, il est plus facile de comprendre pourquoi.

Tout d’abord l’organisation est répartie sur 4 acteurs. L’hôtel, une association (que je connais bien et que j’adore), moi et une personne qui faisait le lien entre tout le monde.

Alors que s’est-il passé? La réponse est assez simple : rien. Ou plutôt tout le monde, y compris moi, a reporté sur les autres la communication a faire sur l’événement. C’est d’ailleurs un très bon exemple de ce que peut produire un manque de coordination. Maintenant la communication est un outil au service d’autre chose : l’implication. Et c’est bien évidemment là le fond du problème. Pas d’implication, pas de motivation, pas de communication, pas de visiteur. Et c’est très exactement ce qui s’est passé.

Et vraiment je pense que la cause du fiasco est bien celle-ci. Ce soir là j’ai entendu plein de raisons différentes et farfelues : la saison, le match de foot, l’expo précédente. Mais étrangement aucune qui pouvait provenir de nous. le problème ne pouvait qu’être extérieur. C’est un bon moyen de se dédouaner et de recommencer les mêmes erreurs. Si ça peut calmer le jeu le soir même et éviter de péter un cable pourquoi pas, mais je soutiens mordicus que la raison essentielle était bien notre manque d’implication.

Je pense qu’à mon niveau, je faisais ça pour le fun. Mon expo était dans le coin pour une autre exposition (qui a très bien marché celle-ci). J’ai donc dis OK, mais je n’ai pas pris le lead sur la communication. Je me suis dis, ho ben l’hôtel a son réseau, on va laisser faire. Erreur monumentale qui s’est soldée par un échec cuisant.

Je peux vous dire que le temps passe lentement lorsque vous tournez en rond à votre vernissage. Et vos deux visiteurs se demandent assez rapidement s’ils n’ont pas fait une erreur en venant.

Bon comme je le disais au départ, cela m’a permis de savoir que finalement c’est possible. Et surtout quelles sont les erreurs qui mènent à ça.

Maintenant je vous présente mon meilleur vernissage.

Crédit Photo Jens Johnsson
Crédit Photo Jens Johnsson

Mon meilleur vernissage

L’image au-dessus n’est là que pour illustrer ce que doit être un succès : du monde à son vernissage et une chouette ambiance. Vous allez vite comprendre que le contexte météorologique de mon meilleur vernissage n’a rien à voir avec cette image.

Historiquement cela a été mon premier vernissage individuel. C’est sans doute pour cela que j’en garde un très bon souvenir. C’est aussi pour cela que j’ai fais tout ce qu’il fallait pour qu’il soit réussi.

Pour remettre le contexte, il s’agissait d’une galerie municipale. Cette galerie a une programmation variée dont un ou deux photographes par an. Lorsqu’on m’a donc proposé d’y exposer, j’étais plutôt très heureux. Evidemment plus le jour approchait, plus j’angoissais. mais ça n’est pas l’objectif de cet article, donc passons.

Nous étions deux en terme d’organisation et surtout il y avait un pilote dans l’avion. La responsable de la direction culturelle s’occupait de mettre en place tout ce qui était communication sur son réseau. Et comme sa machine était bien huilée, en local le résultat a été très bon. Ce qui ne m’a pas empêché d’activer mon réseau, notamment via Facebook. Ca remonte à quelques années mais j’avais fais les choses au maximum.

Mon exposition était programmée en février. Le jour du vernissage, il pleuvait et faisait froid. Vraiment désagréable, je vous assure. L’organisation avait compté sur une quarantaine de personnes pour la partie traiteur (boisson, toast). J’ai su peu après que c’était vraiment une estimation large. Au final c’est 110 personnes qui se sont déplacées pour assister au vernissage. Les permanents de la galerie n’en revenaient pas. A priori du jamais vu, surtout pour un photographe, et je rappelle au mois de février sous la pluie.

Alors qu’est-ce qui explique ce succès?

Je vais reprendre le mot que j’ai employé dans l’exemple précédent : l’implication. Je me suis clairement impliqué dans l’événement. J’ai communiqué régulièrement avec la responsable en question. J’ai vu avec elle ce que je pouvais faire et ce qu’elle avait déjà fait. J’ai contacté les radios locales, les télés locales (si si je vous assure). J’ai vécu ma première expérience d’interview à 7h du matin sur la radio en direct. Sacré stress, croyez moi. Et ma première interview télé avec montage et tout et tout. Un grand moment de plaisir pendant l’interview et après en voyant le résultat.

J’ai relancé très régulièrement mon réseau. j’ai fais déplacer des gens de Paris pour venir en banlieue. Certains ont mis plus d’une heure pour venir au vernissage. Un sacré défi. Je pense très sincèrement que mon implication dans l’exposition s’est ressentie à travers ma communication. Et que cela en a motivé plus d’un à venir voir l’exposition.

J’ai passé évidemment un très bon moment qui s’est terminé au restaurant chinois du coin avec le dernier carré. Histoire de continuer (et puis de se réchauffer). Il est évident que tout le monde aimerait bien connaitre régulièrement cela dans ses vernissages. Et cela ne tient qu’à nous d’y arriver.

Un dernier point avant d’en tirer la conclusion. Quid des expos collectives?

Pourquoi un échec est peu probable pour une expo collective?

Alors on peut avoir une baisse de fréquentation sur un festival, ou une expo collective annuelle, mais il doit être assez rare de faire un bide complet. Tout simplement car au-delà de l’organisation qui est censée faire son travail de communication, il y a aussi le réseau de tous les exposants. Et il faudrait vraiment que tout le monde y mette du sien pour ne pas communiquer et se retrouver en situation d’échec au moment du vernissage.

Par contre il est évident lors d’une exposition collective que les artistes attendent beaucoup de l’organisation. Et c’est normal. L’organisation connait son public, connait son ou ses lieux et normalement elle a développé son réseau. Les artistes exposants peuvent venir de loin et du coup leur propre réseau ne pourra s’ajouter qu’en partie à la communication globale.

Il est donc plus compliqué de complètement se planter lors d’une exposition collective. D’ailleurs à mon sens il est aussi plus compliqué d’avoir un succès énorme. Car cela dépend de beaucoup plus de facteurs que pour une exposition individuelle.

Lors des Echappées Belles, avec Vincent, nous faisions un énorme effort de communication autour des artistes et du vernissage. Cela nous demandait du temps et de l’énergie car nous n’avions que très peu de moyens pour cela. Mais cela a toujours porté ses fruits. Que nous fassions notre exposition collective en mars ou début juillet, nous avons toujours eu une affluence record lors du vernissage. En résumé en tant qu’organisateur nous étions impliqués dans la réussite de l’événement.

En conclusion

  • Un échec cuisant ça existe si personne n’est impliqué.
  • Une réussite extraordinaire est possible si tout le monde s’implique.
  • Ne pensez jamais que cela dépend du ou des autres participants (et organisateur). Sauf à en avoir discuté ensemble.
  • Et puis même si on vous, on s’occupe de tout, communiquez quand même. L’excès de communication ne nuit jamais.
  • N’ayez aucun préjugé par rapport à la presse locale sur l’intérêt de votre événement. De toute manière si cela ne les intéresse pas, vous le saurez assez vite.

Et vous quelles sont pires ou vos meilleurs expériences en terme de vernissage? N’ayez pas peur d’en parler dans les commentaires. Pour le pire, je doute que vous ayez pu faire pire que moi avec 2 visiteurs? Si? Allez racontez moi ça 🙂

 

Auteur-Photographe depuis 2009 Organisateur des Echappées Belles de 2011 à 2014. Membre actif de Lumière d'Encre, http://www.lumieredencre.fr Auteur-Photographe : http://www.nicolaspoizot.fr

4 Comments

  1. Bonjour,
    Toujours intéressantes les expériences vécues !
    Club photo de 30 ans d’age nous en sommes à la 23e expo. Il y a 7 ans les adhérents me confient la responsabilité de l’association. Notre expo de 2010 : 4 semaines de permanences et … 150 visiteurs !!
    Nous changeons le concept et réduisons la durée à 15 jours et ajoutons un temps fort « Images nature » sur le week-end du milieu en invitant des photographes d’un peu partout. Résultat + de 700 visiteurs. Un rendez-vous qui a pris dans le temps.
    Mais alors que nous organisions deux vernissages : un pour l’expo annuelle « classique » et un pour les « Images nature » avec nos invités nous n’en faisons aujourd’hui plus qu’un au tout début … un peu frustrant vis à vis des photographes que nous accueillons ! Bien ? Pas bien ?
    Il n’y a pas de vérité absolue, il faut s’adapter au fil du temps.
    Bravo pour ces réflexions fort instructives.
    Paul

    • Merci Paul pour ce témoignage. Je crois que le plus important c’est de tenir compte d’un bilan négatif afin d’évoluer pour le bien de l’événement. L’équipe s’y retrouve toujours. Alors que faire l’autruche ne mène finalement à rien si ce n’est que l’événement finit par disparaître. Bravo à toute l’équipe pour cette prise de décision salutaire, car ayant participé à un festival du côté de Perpignan, la permanence sur une longue durée impose une sacrée équipe et de la motivation!!!

  2. Pas de pire, effectivement, sauf un vernissage où je ne me suis pas présenté !! Meilleures, je ne sais pas… plutôt en rapport avec ce qui précède, mais tout est dans la com’, au départ -donc effectivement dans les implications. C’est l’histoire des 4 personnes appelées Tout le monde – Quelqu’un – Chacun – et Personne… 😉

Vous en pensez quoi?