Informations pratiques

L’exposition est visible du 24 juin au 3 septembre 2017

Horaires : 10h00 > 12h00 · 14h00 > 18h00 · fermé le mardi

Week-end d’inauguration :

Vendredi 23 juin 2017Samedi 24 juin 2017Dimanche 25 juin 2017
  • Point accueil : 16h30 : Sacristie de la Chapelle Saint-Jacques
  • Ouverture : 18h30 : À la Chapelle Saint-Jacques
  • Visite des expositions :
    • 18h30 : Chapelle Saint-Jacques & Parc des Tilleuls
    • 19h30 : Musée
    • 20h15 : Petit Manège Rochambeau & Écuries Sud
  • vin d’honneur & dégustation : À partir de 21h00, Au Petit Manège Rochambeau
  • Point accueil : 09h30 > 18h30 : Au Marché Couvert
  • salon de l’édition du livre photographique : 09h30 > 18h30 : Marché Couvert (9h00 Ouverture avec petit-déjeuner)
  • lectures de portfolio par l’ANI : 10h00 > 12h30 · 15h00 > 17h30 : Marché Couvert. Pré-inscription lecture.ani.vendome@gmail.com
  • rencontres : 10h30 > 11h30 : Marché Couvert. Lim Hwayoung, Benoît Fournier, Laurent Gilson, Andrew Caldwell & les étudiants du Campus
  • visite des expositions : 11h30 > 13h :
    • 11h30 Cour des Comptes & Chapelle Saint-Pierre-La-Motte
    • 12h00 Parc du Château & Orangerie en présence de Jérôme Sevrette Dégustation avec la Cave coopérative du Vendômois
  • embrassez-vous : Tour Saint-Martin, Le studio éphémère de Philippe Praliaud
  • rencontres & signatures : 14h00 > 18h30 : Marché Couvert. Avec le Club de la presse, Stéphane Frachet
    Planning à consulter sur notre site à partir du 1e juin. Marion Dubier-Clark, Alexis Clerc,
Ulrich Lebeuf, Charles Paulicevich, Martine Baudrillard, Ingrid Milhaud, Mathieu Farcy, Peter Brown Leighton, Benoît Luisière et Stéphane Daman, Atelier PEM, Daniel Ablin
  • projection & débat : 18h30 : Kotya Libaya : le bois congolais,
à quel prix ? Avec Leonora Baumann & Etienne Maury Information du lieu sur notre site le 1e juin
  • remise du Prix Mark Grosset & ANI Portfolio : 22h30 : Information du lieux sur notre site le 1e juin
  • Point accueil : 10h00 > 17h00 : Au Marché Couvert
  • salon de l’édition du livre photographique : 10h00 > 17h00 : Au Marché Couvert
  • visite expositions : 12h00 : Maison du Vin – Thoré-la-Rochette
    • En présence de Patrick Rimond
    • 12h30 Pique-nique
    • 14h00 Ballade dans le petit train
  • départ en bus pour Paris : 14h30 : de Thoré-la-Rochette

Musée de Vendôme : Cour du Cloître 41100 Vendome

http://promenadesphotographiques.com

Les Promenades Photographiques

Qui est Photographe ? #2

Il y a onze ans Jean Baudrillard rêvait d’un mur d’images pour l’exposition que nous allions présenter à l’Orangerie du Château.
Cette année-là, en 2006, nous en étions à nos balbutiements, nous ouvrions pour la première fois ce lieu, l’espace trop petit ne nous avait pas permis d’y accueillir plus de 20 photographies, loin du mur d’images dont il rêvait ! Cette deuxième exposition, en France, de Jean Baudrillard avait été un véritable succès, une découverte incroyable pour ceux qui connaissent son œuvre littéraire mais ignoraient l’existence d’une œuvre photographique.

Onze ans plus tard c’est avec beaucoup d’émotion que ce rêve devient réalité : la salle d’art contemporain du musée de Vendôme accueillera trois murs d’images. Un corpus de 61 photographies devait initialement être présenté au Manège Rochambeau avec neuf autres photographes tout aussi talentueux.

Hélas, un inventaire du lapidaire n’a pu le permettre, l’opération n’est pas compatible avec l’assurance des biens et des services… Malgré la forte mobilisation des artistes, des partenaires et des bénévoles, rien y a fait, la priorité de l’état est de réaliser cet inventaire en 2017, sans cohabitation possible. Les neuf artistes ont donc été dispersés, les scénographies revisitées. Les réseaux se sont mobilisés pour trouver des lieux de substitution, merci à chacun d’entre vous vendômois, voisins, élus d’ici et de là de nous avoir accompagnés dans cette quête.

Vous découvrirez dans une toute petite chapelle, Saint-Pierre-La-Motte, les fantômes de Daniel Ablin, dans l’ancienne Chambre des comptes des comtes et des ducs de Vendôme l’intimité du travail de Ingrid Milhaud, à la petite gare de Thoré-la-Rochette, Maison des vins, Patrick Rimond qui avec Hudros nous parlera d’eau et de béton.

Vous voyagerez sur les cinq continents, croisant dans les rues et les jardins des portraits à taille humaine de chinois, petit jeu de piste tout au long de votre promenade.
Le Japon, le Sénégal, l’Australie, le Congo, les états-Unis, le Brésil, la Belgique, la France entre autres, autant de voyages aux écritures photographiques variées pour aller toujours et encore à la rencontre de l’autre, pour construire des ponts et non des murs ! Bonne promenade à chacun d’entre vous

Odile andrieu

directrice artistique, festival Promenades Photographiques

Jean baudrillard

Intellectuel visionnaire et inclassable, Jean baudrillard reste l’un des théoriciens français dont la pensée a le plus profondément marqué la seconde moitié du XXe siècle. Très étudié aux États-Unis et dans le reste du monde, on ne compte plus aujourd’hui les ouvrages qui continuent de lui être consacrés à l’étranger, tant sa vision non conformiste de la société de consommation, des technologies mais aussi de la séduction et de son cher désert d’Amérique reste d’actualité.

au-delà du réel

L’œuvre photographique de Jean Baudrillard reste complémentaire de son œuvre littéraire, elle questionne l’objet photographique. L’objet est montré dans une apparente simplicité, silencieuse, qui sera admise comme un instant donné, au sens de l’offrande, à la ré exion, proposée au regard sans prétention d’information, chacun en aura sa propre lecture.

À propos de la photographie du fauteuil recouvert d’un drap rouge notre imagination pourrait y voir la présence de ce qui n’est pas, l’ambiguïté de ce qui pourrait être : les plis laissent la trace du corps, penseur il y ré échit, discute, questionne. Une autre photographie nous montre sur la table un carnet, coin relevé, empreinte de ce qui a été ouvert, consulté, l’homme est plongé dans le silence, la ré exion, les pensées contestataires. Les mots se cachent derrière ces pages que nous ne voyons pas, le bruissement du crayon, que nous n’entendons pas, fait écho à l’image gée. La lumière ne vient pas de l’objet-lampe mais du monde extérieur, de la fenêtre ouverte. Elle trace des lignes. Il en est absent, il demeure par son empreinte. Pourtant Jean Baudrillard dans son intervention Ob-scénité de l’objet photographié*1 nous ramène à la pure réalité de la présentation. L’image est, point. Elle n’est ni plus ni moins la représentation d’un objet photographié dans sa banalité, sans prétention.

Revenons à ce fauteuil. Aucune trace de celui qui s’y serait assis et
qui aurait quitté la scène ; de celui dont la disparition parlerait de la déshumanisation du monde et dont l’envahissement par les objets, serait une métaphore. La seule empreinte dont il porte témoignage est celle que sa « photogénie », au sens, parfaitement neutre, où l’on entendait ce terme dans les années 1850, a laissée sur la pellicule sensible. Par « photogénie » -on désignait en effet à l’époque la seule sensibilité d’un objet à la lumière c’est-à-dire sa capacité à impressionner la plaque sensible.
Pour celui qui le regarde, ce fauteuil ne semble pris dans aucune métaphysique de l’absence ou du manque.

Dans son voyage urbain une double lecture de l’image s’impose, au premier coup d’oeil ce qui paraît est coloré, graphique, composé, une deuxième lecture se fait, rien n’est jamais aussi simple qu’au premier regard. L’imagination encore une fois vagabonde. Il y a t il quelqu’un derrière la vitre de la mansarde au-delà du grand drap bleu, tout en haut de l’image, qui regarde l’envers du décor ? La hauteur de son point de vue est nécessairement différente de celui qui, en bas, fige l’instant. L’interprétation qui sera faite par le spectateur est d’ordre individuel, personnel, vouloir donner un sens à ces images ne participera pas de l’intention de Jean Baudrillard, c’est ici que l’on peut alors poser la question « Qui est photographe ? » Je rêve d’une image qui soit l’écriture automatique du monde.

Ombre et lumière, reflet, confrontation des points de vue, doubles lectures autant de phrases photographiques se déclinent au fil de ce mur d’images dont il rêvait, il nous encouragera pourtant à dépasser la surface des choses. L’ambivalence du monde, l’ambivalence des objets, c’est de ça dont essaie de rendre compte non seulement la photographie mais aussi le langage.

Résister au bruit, à la parole, à la rumeur par le silence de la photo-résister au mouvement, aux flux et à l’accélération par l’immobilité de la photo-résister au déchaînement de la communication et de l’information par le secret de la photo-résister à l’impératif moral du sens par le silence de la signification. Résister par dessus tout au déferlement automatique des images, à leur succession perpétuelle, où ce qui est perdu, c’est non seulement le trait, le détail poignant de l’objet (le punctum), mais aussi le moment de la photo, immédiatement révolu, irréversible, et de ce fait toujours nostalgique. Cette instantanéité est tout le contraire de la simultanéité du temps réel. Le ux d’images produites en temps réel, et qui s’évanouissent en temps réel, est indifférent à cette troisième dimension qui est celle du moment. Le ux visuel ne connaît que le changement, et l’image n’a même plus le temps d’y devenir image. Pour qu’une image soit une image avant toute chose, encore faut-il qu’elle le devienne, et ceci ne peut se faire que dans le suspens de l’opération tumultueuse du monde et dans une stratégie de dépouillement. Substituer à l’épiphanie triomphale du sens l’apophanie silencieuse de l’objet et de ses apparences.*2

Odile Andrieu

Directrice du festival

*1 Ob-scénité de l’objet photographié, Françoise Gaillard
*2 Extrait de L’Échange impossible, Jean Baudrillard, Éditions Galilée

La Carte

L’Agenda

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