Informations pratiques

L’exposition est visible du 9 septembre au 22 octobre 2017

Le vernissage a lieu le 8 septembre 2017 à 18h

Horaires :

Espace d’exposition :
Mercredi > dimanche : 14h – 19h ou sur rdv
Fermé les jours feriés

La Chambre : 4 place d’Austerlitz / 67000 Strasbourg
+33 (0)3 88 36 65 38

contact@la-chambre.org

www.la-chambre.org

L’exposition

La Chambre débute la saison 2017-2018 en présentant du 9 septembre au 22 octobre 2017 le travail de l’allemand Nikita Teryoshin.

Cette saison dans laquelle la jeune photographie sera mise en avant sera placée sous le signe de l’engagement. en effet, La Chambre a voulu la photographie comme support de reflexion et de dialogue. L’engagement des auteurs sera perceptible dans chacune de leur proposition. La première d’entre elles émane d’un jeune artiste allemand, qui développe un ton ironique et percutant pour sa première exposition monographique.

Dans les photoreportages de Nikita Teryoshin, la vision documentaire croise le sens subjectif autour de sujets sociaux singuliers. Les thèmes choisis et la manière de les traiter dénotent une approche critique de la société contemporaine, où l’avènement de l’économie globalisée et
la course au progrès se font souvent au détriment d’une part d’humanité. L’artiste adopte un ton grinçant, soutenu par des couleurs vives et des cadrages où perce l’ironie. si les images sont propices au sourire, elles pointent néanmoins l’aspect contestable de la frénésie des affaires. Lors des foires  d’armement, les costumes impeccables et les bu ets garnis contrastent avec les dernières innovations en matière d’équipement militaire. Un salon de pompes funèbres présente des cercueils et corbillards à la dernière mode, comme autant de signes extérieurs de réussite sociale. il règne dans ces événements une atmosphère festive, qui semble vouloir éluder les questions de géopolitique et de mort.

Des photos plus personnelles, prises en continu depuis près de dix ans, viennent compléter ce propos à la fois amusé et mélancolique sur notre monde. Au gré de ses déplacements, l’artiste saisit l’émergence de l’in me extraordinaire au sein du banal, et la métaphore qui le relie à des sujets plus vastes. L’individualisme et la dépersonnalisation, la vulgarité et la poésie de situations quotidiennes, le théâtre brillant de la vie publique et son revers trivial dessinent la vision d’un photographe en lien avec son époque.

Nothing Personal 2016 / 2017

Depuis le changement politique conservateur de la pologne en 2016 et la crise en Ukraine de novembre 2013, la pologne semble plus que jamais se positionner comme le bouclier de l’occident contre les vents et marées venues de l’est. Par conséquent, l’armée polonaise n’a cessé de croître et de moderniser son équipement militaire au cours de ces dernières années.
elle accueille le Mspo, le salon international de la défense et de l’équipement militaire, l’un des plus grands salons d’armes en europe de l’est qui prend place tous les ans sous le patronage du président polonais.
La 24ème édition du salon a eu lieu en septembre 2016 à la périphérie de la ville polonaise de Kielce, entre Varsovie et Cracovie. plus de 600 exposants venant de 30 pays différents y ont montré leurs dernières créations en matière d’armement et d’équipement militaire, mais aussi leurs innovations en matière de technologies dans des domaines tels que la logistique, la sécurité et le sauvetage.

Le jeune photoreporter allemand s’intéresse de manière générale aux foires. L’accès à ces événements est interdit aux personnes lambda, seuls sont autorisés à y entrer les exposants, les professionnels et les journalistes accrédités comme lui.
Pour la série Nothing personal, Nikita Teryoshin a pénétré dans les coulisses de cette industrie peu commune afin de dévoiler une réalité peu commune.

Dans cette immense aire de jeux pour adultes où se mêlent lance-grenades, chars, mitrailleuses, drones et derniers missiles à la mode, les notions de guerre et de destruction semblent éludées.

Non moins étonnante, la quantité de nourriture et d’alcool mis à disposition du public contraste avec la présence des armes et les démonstrations de leur utilisation. La confrontation entre les mondanités de l’événement où l’on sert des petits fours de manière illimitée et les enjeux géopolitiques qui s’y nouent est particulièrement saisissante pour le photographe. L’angle choisi par Nikita Teryoshin est réfléchi afin de capturer de manière originale ces mondes en apparence opposés.

« sur place, j’ai remarqué un groupe d’hommes d’affaire qui grimpaient dans un énorme hélicoptère avec leurs chaussures de cuir verni. ils y ont échangé leurs cartes de visite avant d’aller faire des rambo-selfie avec des mitrailleuses dernier cri. »

N.T

Ses images aux cadrage sérrés soulignent nettement les contrastes entre ces deux mondes : une femme dans le poste de pilotage d’un hélicoptère, ses talons hauts plus adaptés à une banque d’affaire qu’à un champ de bataille, un plateau d’apéritifs contre une toile de fond de bataille. Nikita Teryoshin se déplace avec un Nikon d800 et un flash. il évite soigneusement de révéler les visages des participants et choisit plutôt de montrer l’homme partiellement à travers des chaussures, des mains, des dos, éléments qui finissent par créer une atmosphère menaçante.

Perfect Prospects 2014

Nikita Teryoshin, Perfect prospect, Düsseldorf, 2014

Grâce à l’évolution démographique, l’industrie funéraire a d’excellentes perspectives à court terme en Allemagne. Mais ce qui fournit actuellement une base commerciale infaillible aux professionnels des pompes funèbres, c’est ce qu’on appelle la loi du « cimetière forcé ». Adoptée sous le régime nazi, cette loi nomée « Friedhofszwang » stipule que les restes d’un corps doivent être conservés dans un cercueil ou ses cendres dans une urne au cimetière uniquement, en aucun cas il ne peut quitter le territoire allemand, ni même l’espace du cimetière.

Pour de nombreux Allemands, cette loi ne serait plus en accord avec son époque et violerait l’article 2 de la loi fondamentale(1). Mais elle permettrait surtout aux entreprises funéraires de s’enrichir et de profiter de la situation pour en faire un business lucratif.

La foire BEFA à düsseldorf n’est pas un endroit pour le commun des mortels.

Lors de cette grande foire de pompes funèbres se déroulant tous les quatre ans en allemagne, les dernières tendances en matière de funérailles sont présentées. Un grand nombre de « gadgets » tels que des boules de cristal avec des particules de cendres pressées ne sont pas autorisées en Allemagne mais y sont quand même exposées par des entrepreneurs des pays voisins.
Nikita Tertoshin arpente les allées de cette foire à la découverte de ces nouvelles propositions toutes plus originales les unes que les autres.

(1) Article 2
[Liberté d’agir, liberté de la personne] Chacun a droit au libre épanouissement de sa personnalité pourvu qu’il ne viole pas les droits d’autrui ni n’enfreigne l’ordre constitutionnel ou la loi morale.
Chacun a droit à la vie et à l’intégrité physique. La liberté de la personne est inviolable. des atteintes ne peuvent être apportées à ces droits qu’en vertu d’une loi

Space and Time Discontinuum 2014 / …

Aux séries Nothing personal et perfect prospects s’ajoutent à La Chambre une série de photos plus personnelles, prises en continu depuis près de dix ans. elles viennent compléter ce propos à la fois amusé et mélancolique que porte l’artiste sur notre monde. Au gré de ses déplacements, l’artiste saisit l’émergence de l’infime extraordinaire au sein du banal, et la métaphore qui le relie à des sujets plus vastes. L’individualisme et la dépersonnalisation, la vulgarité et la poésie de situations quotidiennes, le théâtre brillant de la vie publique et son revers trivial dessinent la vision d’un photographe en lien avec son époque.

Nikita Teryoshin

http://nikitateryoshin.com

Nikita Teryoshin est né en 1986 à st- petersbourg.
il vit à dortmund et à Berlin, et travaille à l’international.
il est diplômé de l’Université des sciences et des arts appliqués de dortmund. en abordant des thèmes tels que la politique, l’économie ou l’industrie, il ne souhaite pas apporter de réponses, mais plutôt constater et remettre en question certains agissements humains.
il a participé à plusieurs expositions collectives en Allemagne et en Grande- Bretagne. ses images ont été di usées par la télévision allemande (Ndr), dans
le monde entier par les magazines ViCe, Wired, photonews, iGnant et emerge Magazin, et font partie des archives de l’agence ostkreuz.
La Chambre lui consacre sa première exposition monographique.

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