Informations pratiques

L’exposition est visible du 24 juin au 3 septembre 2017

Horaires : 14h30 > 18h30 · fermé le mardi

Week-end d’inauguration :

Vendredi 23 juin 2017Samedi 24 juin 2017Dimanche 25 juin 2017
  • 18h30 Ouverture – Chapelle Saint-Jacques
    Visite guidée des premiers lieux d’exposition* (Chapelle Saint-Jacques, parc des Tilleuls et musée)
  • 20h30 Rendez-vous au Petit Manège Rochambeau Présentation de la 13e édition – ouverture des lieux
  • 10h30 Au Marché Couvert, Rencontre avec la jeune génération Émergence Hwayoung Lim · Laurent Gilson · Andrew Caldwell · Benoît Fournier · les élèves du campus international
  • 11h30 Cour des comptes et chapelle Saint-Pierre- La-Motte
    12h00 Parc du Château et Orangerie du Château
  • 14h00 > 18h00 Au Marché Couvert, Rencontre avec les photographes Ingrid Milhaud · Patrick Rimond · Jérôme Sevrette · Mathieu Farcy · Stephane Damant, représentant Peter Brown Leighton · Alexis Clerc · Charles Paulicevich · Daniel Ablin

12h00 Maison du Vin à Thoré-la-Rochette

Cour des comptes : Place Saint-Martin, 41100 Vendôme

http://promenadesphotographiques.com

Les Promenades Photographiques

Qui est Photographe ? #2

Il y a onze ans Jean Baudrillard rêvait d’un mur d’images pour l’exposition que nous allions présenter à l’Orangerie du Château.
Cette année-là, en 2006, nous en étions à nos balbutiements, nous ouvrions pour la première fois ce lieu, l’espace trop petit ne nous avait pas permis d’y accueillir plus de 20 photographies, loin du mur d’images dont il rêvait ! Cette deuxième exposition, en France, de Jean Baudrillard avait été un véritable succès, une découverte incroyable pour ceux qui connaissent son œuvre littéraire mais ignoraient l’existence d’une œuvre photographique.

Onze ans plus tard c’est avec beaucoup d’émotion que ce rêve devient réalité : la salle d’art contemporain du musée de Vendôme accueillera trois murs d’images. Un corpus de 61 photographies devait initialement être présenté au Manège Rochambeau avec neuf autres photographes tout aussi talentueux.

Hélas, un inventaire du lapidaire n’a pu le permettre, l’opération n’est pas compatible avec l’assurance des biens et des services… Malgré la forte mobilisation des artistes, des partenaires et des bénévoles, rien y a fait, la priorité de l’état est de réaliser cet inventaire en 2017, sans cohabitation possible. Les neuf artistes ont donc été dispersés, les scénographies revisitées. Les réseaux se sont mobilisés pour trouver des lieux de substitution, merci à chacun d’entre vous vendômois, voisins, élus d’ici et de là de nous avoir accompagnés dans cette quête.

Vous découvrirez dans une toute petite chapelle, Saint-Pierre-La-Motte, les fantômes de Daniel Ablin, dans l’ancienne Chambre des comptes des comtes et des ducs de Vendôme l’intimité du travail de Ingrid Milhaud, à la petite gare de Thoré-la-Rochette, Maison des vins, Patrick Rimond qui avec Hudros nous parlera d’eau et de béton.

Vous voyagerez sur les cinq continents, croisant dans les rues et les jardins des portraits à taille humaine de chinois, petit jeu de piste tout au long de votre promenade.
Le Japon, le Sénégal, l’Australie, le Congo, les états-Unis, le Brésil, la Belgique, la France entre autres, autant de voyages aux écritures photographiques variées pour aller toujours et encore à la rencontre de l’autre, pour construire des ponts et non des murs ! Bonne promenade à chacun d’entre vous

Odile andrieu

directrice artistique, festival Promenades Photographiques

Ingrid Milhaud

Après des études en histoire de l’art sur la peinture italienne de la Renaissance, ingrid milhaud travaille pendant 12 ans comme iconographe dans la presse nationale.

Depuis plusieurs années, elle mène des projets photographiques liés à la mémoire, notamment la trilogie La Trace qui réunit L’été avant l’orage, L’Album et Fanthotype.

En parallèle, elle intervient en tant que formatrice en tirage argentique noir et blanc au sein de L’Image latente, association de photographes qu’elle a cofondée en 2013.

Elle y anime également des stages et des rencontres de photographes.

La trace

Ingrid Milhaud pratique la photographie comme une écriture intime. C’est-à-dire au croisement de conditions d’existence sociale objectives, d’une histoire familiale et d’une subjectivité qui reçoit l’encombrant héritage des vies présentes et passées, l’assimile et trace un chemin singulier.

À 18 ans, elle veut échapper à l’ennui d’une vie déjà écrite. Elle part étudier l’histoire de l’art, incurver la ligne droite du déterminisme et ne pas être là où on l’attend. Elle devient iconographe, dix ans à suivre l’actualité, fouiller les archives, tenter de mieux dire l’événement et de pallier à l’inexactitude du langage.

Il lui devient nécessaire de produire ses propres images. Elle revient sur les lieux de l’enfance, ceux qui laissent en chacun leur empreinte, heureuse ou malheureuse.

C’est d’abord la maison de L’été avant l’orage, dernier été avant la folie du père. Trente ans après, elle retourne dans ces lieux recueillir, réinventer et retisser ce qu’il reste de souvenirs, pour retramer en images ce que la parole familiale n’a pas su élaborer.

Puis sa sœur disparait, et il faut tout recommencer. Ingrid Milhaud décide d’apprendre la reliure, cet art de préserver et maintenir ensemble les feuillets qui s’éparpillent. Elle récupère l’Album de famille aux pages démembrées, les reproduit et les relie selon un protocole psychomagique qui crée une unité plus forte. Le leporello réunit ces fragments d’histoire familiale en une seule et même frise.

En parallèle, Ingrid Milhaud travaille à Fanthotype. Elle recueille auprès des femmes de sa famille des vêtements d’enfants précieusement conservés durant des décennies. Elle les photographie, voletant comme d’aimables fantômes, et en réalise des anthotypes, procédé de tirage qui exige le plus grand soin. Si on laissait ces images à la lumière du soleil, elles disparaîtraient peu à peu.

Le trasse, dans le patois de l’Aveyron, c’est l’enfant qui échappe à la vigilance des adultes, dont on dit en le cherchant sur la place du marché,

« il est passé où le trasse ? ». Il n’est pas perdu, il est juste sorti du droit chemin où on l’attend, il fait sa vie buissonnière. La trace, chez Ingrid Milhaud, c’est le photographe qui part et revient pour recueillir et relier ce qui était épars au rebut de la mémoire. Lorsque les mots n’opèrent plus, restent les images, l’obstination, la magie.

Michaël Duperrin

Photographe & chroniqueur à Réponses Photo

La Carte

L’Agenda

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