Dans les dhoris, des jeunes femmes dansent et chantent pour le public. Les clients peuvent aussi leur demander des services sexuels. Avril 2017.
© Stephen Dock

Informations pratiques

Le Festival a lieu du 2 au 17 septembre 2017

Les Temps forts de Visa pour l’image

4 au 9 septembre

21h45 : Soirées Projection au Campo Santo. Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2016 à août 2017.

Horaires : de 10h à 20h

Couvent des Minimes : 12 Rue Louis Bausil, 66000 Perpignan

Bureau du Festival : Palais des Congrès, 27 Cours François Palmarole, 66000 Perpignan

http://www.visapourlimage.com

Le Festival

Le Festival International du Photojournalisme de Perpignan, Visa pour l’Image est considéré, une fois par an, comme « le plus grand magazine du monde ».

Depuis 28 ans, pendant 2 semaines en septembre, le festival revient sur l’actualité de l’année au travers d’une vingtaine d’expositions, 6 soirées de projections.

Visa pour l’Image est devenu le lieu de rassemblement majeur des acteurs internationaux du photojournalisme.
En 2015, 245 000 personnes ont visité les expositions, près de 30 000 ont assisté aux soirées de projection, le tout en accès libre.

Stephen Dock, « La traite des êtres humains, le fardeau du Népal »

Derrière l’Himalaya et ses paysages de rêve, le Népal cache une réalité bien plus sombre : un pays gangrené par la traite des êtres humains. À la recherche d’une vie meilleure, hommes, femmes et enfants quittent les campagnes pour les villes ou l’étranger. Vulnérables, pauvres et peu éduqués, ils sont nombreux à tomber dans les griffes des trafiquants.

Dans cette société patriarcale où le suicide est la première cause de mortalité chez celles de 15 à 49 ans, les femmes sont les plus exposées. Elles fuient un mari imposé et violent, ou quittent leurs villages natals séduites par des promesses d’emploi à Katmandou ou en Inde. Sans compétences, elles sont entre 11 000 et 13 000 à vendre leur corps dans des restaurants-cabines, des salons de massage, des dance bars ou dhoris, où elles peuvent obtenir un salaire « décent » d’environ 150 euros par mois, plus du double de la moyenne. La prostitution est passée sous silence et pudiquement appelée « industrie du divertissement ». Mais si ces femmes gagnent leur vie, elles mettent en péril leur santé physique et mentale et sont stigmatisées. Pour soutenir leur famille, hommes et femmes quittent le Népal pour travailler dans les usines de Malaisie, ou comme domestiques ou ouvriers dans les pays du Golfe. Au Qatar, les hommes construisent les infrastructures pour le Mondial de football 2022. Le nombre de travailleurs expatriés est passé de 220 000 en 2008 à 500 000 en 2015. Bien souvent cela s’apparente à de l’esclavage moderne : salaires impayés, passeports confisqués et conditions de travail déplorables. À l’aéroport de Katmandou, entre trois et cinq corps d’ouvriers migrants arrivent chaque jour. Depuis 2008, plus de 5 000 travailleurs népalais sont morts à l’étranger. Dans les villages, des trafiquants promettent à des familles pauvres d’emmener leurs enfants dans les meilleures écoles de Katmandou, en exigeant de l’argent. En réalité ils seront vendus dans de faux orphelinats, de véritables entreprises qui vivent des dons des touristes.

Selon plusieurs ONG, près de 85 % d’entre eux ont au moins un parent en vie. Les familles ne reverront jamais leurs fils et leurs filles.
Dans un des pays les plus pauvres du monde, la traite des êtres humains est un phénomène massif qui prend de l’ampleur depuis vingt ans. Après les tremblements de terre de 2015 qui ont fait plus de 8 000 morts, le risque de trafic a augmenté avec le nombre croissant de personnes isolées.

Le Népal a signé une loi qui criminalise la traite des êtres humains en 1986, mais elle n’est pas une priorité pour le gouvernement. Les autorités locales sont accusées de corruption et de fermer les yeux sur ce trafic. Les ONG quant à elles sont critiquées pour leur inefficacité dans la réhabilitation des victimes. Dans ce contexte, le trafic risque bien de continuer à proliférer dans cette société qui préfère passer ses maux sous silence.

Cécilia Sanchez

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