2 novembre 2016, Gogjali, Mossoul-Est. Pendant que les hommes du premier bataillon de l’ISOF 1 du colonel Mohaned sécurisent les ruelles du quartier, une petite fille sort de chez elle à la rencontre des soldats, un drapeau blanc à la main.
© Alvaro Canovas / Paris Match

Informations pratiques

Le Festival a lieu du 2 au 17 septembre 2017

Les Temps forts de Visa pour l’image

4 au 9 septembre

21h45 : Soirées Projection au Campo Santo. Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2016 à août 2017.

Horaires : de 10h à 20h

Couvent des Minimes : 12 Rue Louis Bausil, 66000 Perpigna

Bureau du Festival : Palais des Congrès, 27 Cours François Palmarole, 66000 Perpignan

http://www.visapourlimage.com

Le Festival

Le Festival International du Photojournalisme de Perpignan, Visa pour l’Image est considéré, une fois par an, comme « le plus grand magazine du monde ».

Depuis 28 ans, pendant 2 semaines en septembre, le festival revient sur l’actualité de l’année au travers d’une vingtaine d’expositions, 6 soirées de projections.

Visa pour l’Image est devenu le lieu de rassemblement majeur des acteurs internationaux du photojournalisme.
En 2015, 245 000 personnes ont visité les expositions, près de 30 000 ont assisté aux soirées de projection, le tout en accès libre.

Alvaro Canovas, « Mossoul, l’amère reconquête »

17 octobre 2016. Épaulées par l’aviation de la coalition internationale, les troupes irakiennes se lancent dans la plus grande bataille urbaine jamais livrée depuis la Seconde Guerre mondiale: la reprise de Mossoul, ville abandonnée aux ogres de l’État islamique depuis deux ans.

Les forces spéciales de la Golden Division, enfantée par l’armée américaine pendant la guerre en Irak en 2003, sont en première ligne. Lorsque l’offensive est lancée, Alvaro Canovas est auprès de ces hommes. À six reprises, pendant ces longs mois, le photographe a accompagné les soldats irakiens dans leur lutte contre les djihadistes. «C’est en quelque sorte le bien contre le mal, dit-il. À chaque voyage, j’avais une pensée pour mon copain Pierrot, assassiné au Bataclan. J’ai voulu suivre ces soldats jusqu’à leur victoire.» Paris Match lui a donné l’opportunité de le faire. Durant des semaines, il reste à leurs côtés, toujours au plus près de ceux qu’il photographie, avec sa bienveillance, son humour savoureux et son instinct sûr. Il est attaché à ce pays qu’il a finalement toujours connu rongé par la guerre, déjà présent lorsque les Américains l’ont envahi. À presque cinquante ans, et depuis qu’il exerce son métier de photographe, peu de révolutions, peu de guerres lui ont échappé. Mais jamais, confiera-t-il à son retour, il n’a couvert de combats si dangereux.

Les militaires irakiens ont affronté une résistance féroce, un déluge de feu dans la poussière et la lumière éblouissante du soleil du Levant. Toutes les armes s’y mêlent : kalachnikovs, mines, missiles largués depuis les avions de la coalition, voitures-suicides. Des véhicules bourrés d’explosifs, parfois munis de blindage de fortune. Alvaro Canovas photographie cette lente traque, balayé par les rafales, soufflé par le blast des bombes. Le bataillon qu’il accompagne progresse méthodiquement, de maison en maison, porte après porte, étage après étage. Face à eux, les soldats noirs de Daech, cruellement déterminés, avancent arme au poing, se défendent pied à pied. Dans ces rues jonchées de gravats et asphyxiées par l’odeur âcre de l’essence brûlée, chaque pas peut être mortel. Les combats détruisent la ville que la population, dans le précipice de la guerre, tente de fuir. Le photographe croise des milliers de Mossouliens pétrifiés. Il insiste cependant sur un point : « Contrairement aux armées syrienne et russe, les soldats irakiens ont toujours pris en considération le sort des civils.» La bataille est périlleuse, surtout meurtrière. Plusieurs des hommes qu’Alvaro Canovas a suivis ont perdu la vie ou sont aujourd’hui grièvement blessés. Ce travail photographique et documentaire leur rend un hommage sincère.

Émilie Blachere

La Carte

L’Agenda

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