Jorge Martin Bonilla (29 ans), le cadet de six frères dont trois sont atteints de la maladie CKDu (maladie rénale chronique d’origine inconnue). Il est tombé malade en 2004, après avoir travaillé pendant cinq ans dans les plantations de canne à sucre. Il est décédé le matin. Chichigalpa, Nicaragua, 30 avril 2014.
© Ed Kashi / VII

Informations pratiques

Le Festival a lieu du 2 au 17 septembre 2017

Les Temps forts de Visa pour l’image

4 au 9 septembre

21h45 : Soirées Projection au Campo Santo. Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2016 à août 2017.

Horaires : de 10h à 20h

Couvent des Minimes : 12 Rue Louis Bausil, 66000 Perpignan

Bureau du Festival : Palais des Congrès, 27 Cours François Palmarole, 66000 Perpignan

http://www.visapourlimage.com

Le Festival

Le Festival International du Photojournalisme de Perpignan, Visa pour l’Image est considéré, une fois par an, comme « le plus grand magazine du monde ».

Depuis 28 ans, pendant 2 semaines en septembre, le festival revient sur l’actualité de l’année au travers d’une vingtaine d’expositions, 6 soirées de projections.

Visa pour l’Image est devenu le lieu de rassemblement majeur des acteurs internationaux du photojournalisme.
En 2015, 245 000 personnes ont visité les expositions, près de 30 000 ont assisté aux soirées de projection, le tout en accès libre.

Ed Kashi, « Nouvelle épidémie »

Au cours de ces quatre dernières années, je me suis rendu à plusieurs reprises au Nicaragua, au Salvador, en Inde et au Sri Lanka pour enquêter sur la maladie rénale chronique d’origine inconnue (CKDu selon son sigle en anglais). Cette épidémie mortelle touche principalement les populations pauvres des zones rurales, les travailleurs agricoles et leurs familles.

Le CKDu, qui sévit dans les pays tropicaux et subtropicaux, constitue tout autant une crise de santé publique mondiale qu’une injustice sociale. Dans certaines régions, la maladie peut toucher jusqu’à 70 % de la population. Les pays les plus durement frappés sont le Nicaragua et le Salvador, où 20 000 personnes en seraient mortes depuis 2000. Selon le Center for Public Integrity, une association indépendante de journalistes d’investigation, le CKDu tue désormais plus dans ces deux pays que le VIH/sida, le diabète et la leucémie réunis. Au Sri Lanka, où il est connu sous le nom de maladie rénale Rajarata, c’est un problème majeur et le bilan humain est particulièrement lourd dans la province du Centre-Nord.

En raison de la forte prévalence de la maladie chez les travailleurs agricoles, de récentes études se sont intéressées à la déshydratation et au stress thermique, associés à la charge de travail, aux blessures répétées et aux facteurs ergonomiques, en tant que causes du CKDu. D’autres risques professionnels, tels que les substances chimiques toxiques provenant des pesticides, les excréments de rongeurs et l’eau contaminée, pourraient contribuer à la maladie. Alors que médecins, scientifiques, chercheurs et militants continuent de débattre des causes de l’épidémie, près de 80 % des patients finissent par souffrir d’insuffisance rénale et meurent dans les deux ans suivant le premier diagnostic. La plupart des malades pauvres sont condamnés en raison des frais médicaux élevés et du manque d’infrastructures sanitaires spécialisées. Au-delà de la perte d’un être cher, cela signifie également la perte d’une source de revenus vitale, avec des conséquences lourdes pour la famille.

Il existe cependant au Salvador une entreprise privée pionnière dans la lutte contre cette maladie qui a décimé les ouvriers agricoles de la région : la raf nerie de sucre Ingenio El Angel (IEA), près de San Salvador, est le site de la première étude sur le terrain en Amérique centrale. Menée par deux ONG, le Worker Health and Efficiency Program (WE) et l’Administration américaine de sécurité et de santé au travail (OSHA), cette étude rassemble experts sanitaires, décideurs politiques, chercheurs et producteurs de sucre. Le programme WE analyse les risques professionnels et l’exposition environnementale afin de déterminer les causes de la maladie et trouver des solutions. Des changements peuvent déjà être observés au niveau de l’industrie agroalimentaire, qui étudie et met en place des mesures de protection dans les champs pour éviter le stress thermique et la déshydratation. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Mon souhait est de sensibiliser l’opinion en élargissant le champ et la portée de mon travail. Je veux exploiter le potentiel de la photographie, et du journalisme en général, pour éduquer, soutenir et impliquer les populations concernées, et provoquer ainsi des changements positifs. En encourageant le débat et en facilitant l’élaboration de solutions que pourront adopter et gérer les communautés elles-mêmes, ce travail permettra d’élargir le réseau des personnes prêtes à lutter contre le CKDu.

Ed Kashi

La Carte

L’Agenda

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