© Ed van der Elsken / Nederlands Fotomuseum, courtesy Annet Gelink Gallery & Folia Gallery,
Paris.

Informations pratiques

L’exposition est visible du 16 juin au 16 septembre 2017

Le vernissage a lieu le 15 juin 2017 à 18h30

Horaires :

Du mardi au Vendredi de 13h à 19h
Le Samedi à partir de 11h

Galerie Folia : 13 Rue de l’Abbaye, 75006 Paris

https://www.galerie-folia.fr/

L’exposition

Ed van der Elsken (1925—1990) est un photographe et cinéaste néerlandais du XXe siécle, dont l’approche moderne et innovante, en rupture avec les codes du reportage, en font un artiste trés vite renommé. Il s’installe a Paris au début des années 50 et fréquente un groupe de jeunes gens Bohèmes et désoeuvrés qui peuplent les cafés de Saint-Germain-des-Prés.

Ses images, a forte dimension cinématographique, révélent une oeuvre a la beauté brute, sensuelle, qui fait corps avec son sujet. La rue, la vie de bohéme, les personnages fiers et exubérants dont il partage le quotidien sont ses sujets de predilection. Van der Elsken fait preuve
d’une habilité remarquable a raconter des histoires, a créer des situations théatrales a la maniére d’un metteur en scene.

La série Une histoire d’amour a Saint-Germain-des-Pres présentée par la galerie Folia incarne de
fagon éloquente les qualités filmiques et expressives du travail de van der Elsken et ses multiples
sources d’inspiration; la poésie des corps, le jazz, la vie dissolue les artistes du quartier, l’avant—
gardisme de la jeunesse parisienne… Publiée en 1956 sous la forme d’un roman photo, cette histoire d’amour semi-fictive connait une renommée immediate.

En écho a la retrospective consacrée à Ed van der Elsken au musée du Jeu de Paume et la
publication de l’ouvrage Looking for Love on The Left Bank, l’exposition Une histoire d’amour a Saint Germain des Pres imaginée par la galerie Folia et The Eyes Publishing rassemble des tirages vintages issus du fond de Anneke Hilhorst, l’épouse de l’artiste, des tirages modernes disponibles a la vente ainsi qu’une série de documents relatant le processus de création du livre mythique.

Située au coeur du quartier de Saint Germain des Pres, l’exposition redonne corps et ame a
l’histoire imaginée par van der Elsken et a l’esprit des lieux qui l’ont inspiré.

© Ed van der Elsken / Nederlands Fotomuseum, courtesy Annet Gelink Gallery & Folia Gallery,
Paris.

« Une histoire d’amour à Saint-Germain-des-Près » : une chronique avant-gardiste de la bohème parisienne

A Paris, au début des années 50, Ed van der Elsken se méle a la vie de la bohéme parisienne ;
artistes, poétes, jeunes gens épris de liberté et de changement. Il fréquente avec eux les cafes, les
clubs de jazz saturés d’alcool et de cigarettes. Ses images au grain épais, a la noirceur profonde,
Viennent tisser une chronique de l’ennui et de la frénésie qui habitent les jeunes parisiens de l’apres-guerre.

Une femme d’une beauté vénéneuse, aux yeux de faon, habite les images de facon obsessionnelle et lancinante. Dans un incessant mouvement de flux-reflux, elle semble a la fois le point d’ancrage et de convergence des images on transpirent le désir et le mystère.

Quand van der Elsken rencontre Edward Steichen (alors conservateur du MOMA de New
York) en 1953, la série n’a pas encore une forme aboutie. Celui-ci lui suggére d’en faire un livre. Ce livre, qui deviendra mythique, sera Love on the Left Bank (1956; titre originale de la premiere édition), qu’il construira comme un récit fictionnel et quasi-cinématographique, un roman-photo dont il écrit le texte, relatant les amours contrariées d’un jeune homme nommé Manuel (le narrateur) pour l’énigmatique Ann.

L’ouvrage demeure aujourd’hui une oeuvre majeure de l’histoire de la photographie. A l’instar de Robert Frank (avec Les Américains en 1958) ou de William Klein (avec New York en 1956) sur le continent américain, Ed van der Elsken (comme son compatriote Iohan van der Keuken avec Wij zijn 17 en 1955), bouleverse, en Europe, les perspectives de la photographie documentaire
humaniste de ses contemporains en orientant son travail dans une démarche qui interroge le
processus photographique comme l’expérience existentielle qu’il engage.

Sur le mode d’une écriture photographique personnelle et intuitive qui semble presque automatique, leurs images, spontanées, informelles et abruptes, Viennent rompre avec le principe de « l’instant décisif ». La série Love on the Left Bank est remarquablement novatrice par sa conception, car elle méle tout a la fois le reportage par l’accumulation des instantanés pris sur le Vif et l’oeuvre de création par la mise en place d’une structure narrative et l’expression subjective de l’auteur.

Par les cadrages trés serrés des portraits, les jeux de miroirs et de doubles, l’éclairage
artificiel et l’atmosphére enfumée, la densité du noir et la nervosité des instantanés, la plasticité des images entre en parfaite cohérence avec la captation d’un climat fébrile et languide et l’esprit
d’avant-garde de cette jeunesse du Paris d’aprés-guerre.

« Looking for Love on the Left Bank » : la reconstitution de l’histoire…

Ed van der Elsken arrive a Paris en 1950. Il y rencontre ses «ames soeurs » dans un groupe de bohémiens de Saint-Germain-des—Prés. Comme évoqué plus haut, dans Love on The Left Bank
(titre en Francais : Une Histoire d’Amour a Saint-Germain-des-Prés), Ed van der Elsken photographie chacun des mouvements de ces personnages, en particulier ceux de la belle Vali Myers, à la maniére d’un journal intime.

Cette histoire photographique mélant fiction et réalité, deviendra l’un des premiers exemples de roman photo. Dans son ouvrage consacré aux livres de photographie publié en 2015, Martin Parr en dira lui—méme: « Cet ouvrage qui contribue a renouveler avec brio le genre du beeldroman, le roman-photo néerlandais, et où il pratique le stream of consciousness avec un talent égal a celui de William Klein. »

Dans la continuité d’une collection de livres mythiques revisités*, The Eyes Publishing reconstitue dans Looking for Love on the Left Bank le processus de fabrication de ce livre a partir de documents inédits — planches contacts, dummies, tirages couleur, plans de Paris annotés —. Le nouveau livre révéle non seulement l’état d’esprit nihiliste de la jeunesse baignée dans un climat existentialiste d’aprés-guerre, mais aussi le caractére cinématographique de la mise en page. De tous ces documents ont été tirés une fiction se superposant au récit initial. Ce récit visuel est accompagné d’un texte de Tamara Berghmans, conservatrice au FoMu d’Anvers et auteur d’un mémoire sur l’ouvrage.

L’ouvrage Looking For Love on the Left Bank sera présenté lors de l’exposition et fera l’objet d’une installation.

Ed Van der Elsken

« Je fais des choses mortellement sérieuses et aussi des choses droles. Je fais des reportages sur de jeunes voyous rebelles avec plaisir… Je me réjouis de la vie, je ne suis pas compliqué, je me réjouis de tout. L’amour, le courage, la beauté. Mais aussi le sang, la sueur et les larmes. Garde les yeux ouverts. »

Ed van der Elsken, extrait de son film, The Infatuated Camera (1971)

On le surnommait « l’enfant terrible » de la photographie néerlandaise. Durant ses quarante ans de carriére comme photographe et comme réalisateur, Ed van der Elsken a produit une oeuvre considérable, tant en matiére de photographies et de livres qu’en matiére de films, courts ou
longs métrages a caractére documentaire ou autobiographique. Sa vision cinématographique transperce souvent dans ses photographies. Il y avait, chez lui, une insatiable soif du regard. Son territoire était le monde ; depuis son Amsterdam natale jusqu’a l’Afrique ou l’Extréme Orient,
il fut le chroniqueur attentif, intuitif et anticonformiste de la rue ou de la poésie du quotidien.

Qu’il parcoure le Iapon, qu’il sillonne les rues d’Amsterdam ou de Paris, qu’il photographie les plus grands noms du jazz, ce qui primait pour van der Elsken, c’était la rencontre, la confrontation a l’autre. Si la photographie était pour lui une facon ininterrompue d’interroger le monde et le processus photographique, elle était aussi une pratique introspective. «
Montre qui tu es » sont les mots qui cloturent sa derniére oeuvre (son film Bye). En montrant qui tu es, je montre un peu qui je suis, c’est bien ce que semblent nous dire ses photographies.

Si son énergie, son gout de la rue et de la marge, son humour et son irrévérence, qui sont des
constantes a travers son oeuvre, ne sont pas sans rappeler Weegee dont il admirait le travail, la forte charge subjective de ses images, sa pratique de la photographie sur le mode de l’expérience
existentielle et du journal intime semblent présager 1e travail de certains photographes nordiques (Petersen ou Engstrom) ou encore de Nan Goldin.

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