Arnaud Lesage, Flag
Grand Canyon, 2009 / Océan des tempêtes 1969 crédit photo NASA

Informations pratiques

Le vernissage a lieu le 30 juin à 18h

L’exposition est visible du 30 juin au 3 septembre 2017

Horaires :

Espace d’exposition :
Mercredi > dimanche : 14h – 19h ou sur rdv
Fermé les jours feriés

La Chambre : 4 place d’Austerlitz / 67000 Strasbourg
+33 (0)3 88 36 65 38

contact@la-chambre.org

www.la-chambre.org

L’exposition

Arnaud Lesage, série Openings, sans titre (New-York, 2010)

Du 30 juin au 3 septembre 2017, La Chambre – espace d’exposition et de formation à l’image accueille le travail du français Arnaud Lesage.

Arnaud Lesage est un artiste voyageur et collectionneur. Il accumule les prises de vues dans les territoires les plus variés, non pas en cherchant à illustrer un thème déterminé, mais plutôt à l’affût d’un signe dans le paysage, d’un agencement particulier, d’un équilibre. Les apparitions géométriques, les alignements et les symétries deviennent les représentations d’un principe universel, où l’anodin adopte un pouvoir symbolique car il semble résonner avec les lois du cosmos. C’est ensuite par l’association des images que l’artiste prolonge le processus créatif et ré exif : il peut réunir les antipodes sous le prétexte d’une forme similaire, et provoque par ce geste le basculement d’une composition formelle vers une ouverture philosophique, dans la solitude et le silence d’une observation contemplative du monde.

La caractéristique frontalière de la ville de Strasbourg a incité Arnaud Lesage à articuler dans cette exposition des œuvres autour de la notion de séparation, en premier lieu géographique, dont il est familier. Sa série Anatopées, amorcée il y a
20 ans, en représente un exemple appuyé, puisqu’elle entrecroise, sous le prétexte d’une simple forme verticale détectée dans les circonstances les plus variées, des photographies réalisées dans une multitude de pays. C’est, paradoxalement, en soulignant les distinctions, que les œuvres ainsi constituées dessinent entre les territoires autant de traits d’union. Il en va de même à l’échelle de différentes pièces qui composent l’exposition : certes, D’un côté l’autre insiste sur la polarité, la dualité intrinsèque de certaines des photographies ou des compositions polyptyques choisies. Sur cette base cependant, se développent aussi des traversées plus complexes, favorisant les résonances entre les territoires, entre les sujets représentés et entre les œuvres, jusqu’à un versant ré exif sur le médium photographique. Conjurant en sourdine une époque qui tend à ériger la binarité au rang de mode de pensée, Arnaud Lesage invite à appréhender les images comme les éclats partiels d’un univers qu’elles révèlent, bien plus vaste et complexe qu’elles. Ce sont autant d’éléments d’un jeu de piste visuel ouvert, le puzzle éclaté d’une perception qui se forme aussi bien dans la mémoire du spectateur que dans son champ de vision, d’un tirage à l’autre comme d’un mur à l’autre.

Arnaud Lesage, série Openings, sans titre (France, 2017)

Arnaud Lesage

Arnaud Lesage est né en 1972 à Amiens, où il vit et travaille

Arnaud Lesage pose le paysage en tant qu’irremplaçable terrain d’exploration et
de recherche photographique, se dé ant de tout sujet déterminé. Il perquisitionne dans ce qu’il circonscrit au l des routes et des sentiers, pour en extraire un signe possible, qu’il enregistre comme l’apparition d’une anomalie heureuse, de la percée accidentelle d’une autre dimension du réel. À chercher ses marques tant à quelques kilomètres de sa ville qu’aux antipodes, il s’est épris de solitude, de nomadisme, de la lenteur silencieuse en discipline à part entière. Les séries qu’il élabore découlent rarement d’un projet antérieur aux prises de vues, celui-ci prenant favorablement corps à partir des archives, dans un imprévisible cheminement. En entrelaçant
des images issues de territoires distincts, il organise une écriture de l’intervalle inspirée d’une approche conceptuelle du réel et de ses modes de représentation. Les symétries et les échos y trouvent leur place. Par-delà l’immédiate simplicité formelle de ses œuvres, s’articulent différentes frontières, avérées comme imaginaires, qui opèrent un passage du monde extérieur vers une construction mentale.

Openings

Arnaud Lesage, série Openings, sans titre (Nevada, 2010)

La série Openings semble consacrée à l’évocation de béances, de passages et, en indissociable complément contradictoire, d’obstacles. Elle s’appuie pour cela sur le paysage et ses objets singuliers. Ceux-ci s’échelonnent de l’immatérielle apparition lumineuse au vestige architectural ; pourvu que cela surgisse, et selon un point

de vue qui les donne à voir comme des anomalies, de discrètes brèches in igées
au déroulement du monde. Plus que pour illustrer leur seule présence, les objets ainsi photographiés sont choisis pour leur capacité à se conformer à une perception géométrique du réel, comme si le land art avait dé nitivement modi é l’appréhension de celui-ci. C’est dans ce régime perceptif qui, fort d’épures des lignes, se rapproche de l’idée du dessin, voire du signe, que la série suggère un basculement, depuis le mode de représentation photographique, vers un autre de nature différente. Openings exhorte ainsi l’image photographique à se présenter dans deux états superposés, comme en train de s’échapper d’elle-même, comme aux prises avec sa frontière interne.
Le mot anglais opening désigne, d’une manière générale un commencement, une possibilité, une ouverture, un vide, un passage…

Anatopées

En 1996, frappé par une ressemblance graphique entre deux photos de ses archives, Arnaud Lesage décide de tenter de « faire la même image n’importe où dans le monde », en utilisant le même prétexte : l’apparition d’une forme verticale. Mais au lieu de la conformité que ce projet absurde semble promettre, apparaissent entre les photographies des décalages, qu’il convient de révéler dans des assemblages spéci ques.

S’inspirant d’un principe formel similaire, l’écrivain Yves Pagès développe, autour du motif récurent d’une allumette brûlée, les fragments d’un mode d’emploi autobiographique, histoire « d’en revenir au même », ou presque.

Cette rencontre entre images et texte se matérialise dans un livre atypique, qui emprunte, en tant qu’objet, aux codes de la boîte d’allumettes comme à celui de
la carte routière. Outre qu’il permet au lecteur de l’étaler dans sa longueur en choisissant quelles parties demeurent visibles ou cachées, la forme en leporello recto verso invite à une lecture perpétuelle, « histoire d’en revenir inlassablement au même. »

Anatopées, livre publié en 2013 aux éditions Gang, Ivry-sur-Seine.
Texte : De quelques façons d’en revenir au même, par Yves Pagès ; français / anglais
96 pages / 32 quadriptyques photographiques, leporello ou livre-accordéon recto verso : 5,76 mètres déplié, 13 x 32,5 cm fermé, ISBN 978-2-918376-15-6, imprimé en bichromie sur papier offset 130g/m2
Couverture sérigraphiée, boîte cartonnée, fermeture collage papier en un ton
Prix : 40€

Divorsus

Sous un titre latin qui suggère la différence, la division, l’adversité, l’éloignement
ou l’incertitude, Arnaud Lesage réalise une série de diptyques à partir de ses photographies d’archives. Grâce à des correspondances sémantiques ou graphiques, le couple dans lequel il les inclut déclenche la naissance d’une nouvelle image, oscillant entre intervalle et fusion. Depuis 2016, Arnaud Lesage exploite notamment les archives de la NASA, poussant ainsi plus loin la dualité géographique et temporelle.

Oxoscapes

Les images de cette série ont subi un traitement simple : une double inversion.
Elles sont en effet présentées retournées de haut en bas, et passées en négatif, conformément à ce qui se joue dans le processus classique de la photographie, à l’intérieur d’une chambre noire. Bien que teinté d’étrangeté, le paysage illusoire ainsi produit n’en est pourtant pas moins réel.

Windroses

Windroses – roses des vents , décline le principe suivant : une photographie est présentée quatre fois dans des orientations différentes. Ainsi clonées et agencées, les images se constituent elles-mêmes en tant que leur propre cadre, ou miroir, jusqu’à former un objet plastique autonome, révélant un potentiel indiscernable dans l’image appréhendée individuellement. Émerge un puzzle dont les pièces sont identiques et préexistent à l’image qu’elles constituent une fois assemblées.

|||::

Be the first to rate and review!
0.00 average
5 Stars
0
4 Stars
0
3 Stars
0
2 Stars
0
1 Star
0

Vous en pensez quoi?