© Julien Magre, Elles, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon

Informations pratiques

L’exposition est visible du 16 septembre au 10 novembre 2017

Le vernissage a lieu le 16 septembre de 15h à 20h

Horaires : Du mercredi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous en dehors de ces horaires

Galerie le Réverbère : 38 rue Burdeau 69001 Lyon

Tel : 04 72 00 06 72

galerie-le-reverbere@wanadoo.fr

www.galerielereverbere.com

OUVERTURES EXCEPTIONNELLES

Dimanche 17 septembre 2017 de 15h à 18h pour les Journées européennes du patrimoine

JOURNÉES PROFESSIONNELLES / BIENNALE DE LYON 2017 Lundi 18 septembre, de 14h à 19h
Mardi 19 septembre, de 9h à 12h à 14h à 19h

L’exposition

Elles cette création, à la fois intime et poétique, clôt un long travail de 18 ans qui accumule plus de 300 photographies réalisées entre 1999 et 2017. Sont mêlées photographies de sa famille (sa femme et ses deux lles) et photographies de paysages marqués par l’émotion ou le passage du photographe.

Elle puis elles. Elle est d’abord arrivée comme une pierre précieuse. Elles sont ensuite venues comme de petites tempêtes de vie. Caroline, Louise et Suzanne. Ma vie dans vos bras. Mes bras comme des branches.

Extrait de Elles, Julien Magre

Cette exposition est l’occasion de recomposer ses séries antérieures comme Nous vieillirons ensemble, Elles veulent déjà s’enfuir, Troubles ou encore Je n’ai plus peur du noir, son dernier travail marqué par la disparition de sa fille Suzanne en juillet 2015.

Elles.

Elle puis elles.
Elle est d’abord arrivée comme une pierre précieuse.
Elles sont ensuite venues comme de petites tempêtes de vie. Caroline, Louise et Suzanne. Mes trois lles.
Ma vie dans vos bras.
Mes bras comme des branches.

Elles sont mes arbres. Elles sont mes flaques d’eau, elles sont la pluie et mes racines.
Elles sont les ballons, l’air et le vent.
Elles sont toutes mes nuits, tous mes rires,

toute la lumière de mes nuits. Elles sont. Là. Maintenant.

Elles sont là, devant nous. Comme des images.
De petites images comme une main qui te caresse. Des images de vie.
Il n’y a pas de tricherie, juste un peu d’ordre.
Le besoin, la nécessité de mettre de l’ordre, d’archiver, de rassembler, de coller, de tout voir d’un coup,
d’y voir plus clair.
Le besoin de montrer la vie plutôt que le monde.

Bonheur, jouissance, intensité.
Puis est arrivé cette longue nuit, cette impossible nuit. Terreur, manque, intensité. Se replier dans le vide.

Puis, petites joies de nouveau, comme un choix.
Elles, des images encore, de la vie toujours, cabossée et dégradée. Des images comme témoin, comme tuteur. De la vie,
comme une croyance imposée.
Croyance avec laquelle il faut se battre à jamais ou s’y accommoder. Reconstruire, revivre, ne pas renoncer, vivre sans doute.

Puis des rires. Puis rien de nouveau. La vie comme cataclysme.

Elles sont lumière, tempêtes et cris. Elles sont la vie.

Comme je vous aime mes trois filles. Aujourd’hui et demain.

Julien Magre, Paris, le 22 mai 2017

Biographie

Julien Magre est né à Boulogne-Billancourt en 1973, vit et travaille à Paris.

Représenté par la galerie Le Réverbère à Lyon depuis mars 2017.

Julien Magre est diplômé des Arts Décoratifs de Paris en 2000. Agnès b. repère le travail de Julien Magre à Paris Photo en novembre 2010 lors de la signature de son livre Caroline, histoire numéro deux, publié chez Filigranes. Il expose ainsi le livre et des tirages tirés de l’ouvrage à la librairie de la Galerie du Jour à Paris en janvier 2011. En parlant de ce projet qu’il mène maintenant depuis quinze ans, le photographe se dit « spectateur de [sa] propre intimité » : choisissant la bonne distance avec son sujet, ni trop loin, ni trop près, il documente son quotidien, et par là-même le rend poétique. Les photographies — qu’il réalise exclusivement en couleurs et en argentique, selon une méthode instinctive et libérée de toute contrainte — capturent la tendresse du temps qui passe sur les êtres aimés. L’intimité qui est ici montrée n’est jamais simple, puisque le photographe prend grand soin de ne pas dévoiler toutes les parcelles de sa vie et opère ainsi une transfiguration de la banalité quotidienne.

En parallèle, et avec le même souci de traduire le monde tout en l’amenant du côté d’une interprétation théâtrale, fictionnelle, voire onirique, Julien Magre travaille à l’élaboration de séries photographiques moins directement autobiographiques : avec Projets de Villes, en 2011, par exemple, il cherche à comprendre le rapport de l’homme à la nature, et sa lente transformation en territoire urbain. Pour La Route de Modesto, en 2009, s’associant à l’écrivain Marc Villard, il part à la conquête d’un univers californien nocturne, chargé d’une potentialité ctionnelle forte, avec ses routes, motels, stations service, piscines éclairées la nuit, tout autant d’indices d’un drame latent.

Il publie Caroline, histoire numéro deux aux éditions Filigranes en 2010, et Journal en 2012 chez Various édition, Troubles en 2015 accompagné d’un texte de Philippe Azoury et le Carnet de recherches qui l’accompagne (avec un texte de Rafael Garido) aux éditions Filigranes.

Son dernier livre Je n’ai plus peur du noir édité en novembre 2016 aux éditions Filigranes fait parti des 10 meilleurs livres sélectionnés par le Prix Nadar 2017. Il auto-édite en novembre 2016, avec son ami photographe Yann Stofer, le livre Poursuite, Alexandre Kauffmann accompagne le livre d’une nouvelle.

Julien Magre est attaché à l’objet photographique — la « boîte » de photographies. La photographie existe et s’épanouit par le livre, un objet que l’on peut tenir dans ses mains et manipuler afin de le faire sien.
Il a réalisé plusieurs expositions dans des galeries et festivals : en France, en Italie, Australie, Pays-Bas, et à New York en 2003, où son exposition fût notamment parrainée par Michael Stipe.

En 2014, il fait parti de l’exposition collective du BAL, S’il y a lieu, je pars avec vous avec Sophie Calle, Antoine d’Agata, Alain Bublex et Stéphane Couturier. Cette exposition donnera lieu à un catalogue édité chez Xavier Barral. Il expose la même année au côté de Laure Vasconi à la Filature de Mulhouse et au Tri-Postal de Lille avec le collectif France(s) Territoire Liquide. En 2015, il expose sa série Elles veulent déjà s’enfuir au Château d’Eau de Toulouse. En janvier 2017, il présente sa série Troubles et Un hiver sans brume à la Galerie Le Lieu, à Lorient. Il montre pour la première fois sa série Je n’ai plus peur du noir au festival de Toulouse MAP en juin 2017, l’exposition est parrainée par Leica.

Fannie Escoulen, qui connaît bien le travail de Julien Magre, organise un rendez-vous avec la galerie Le Réverbère à Lyon en mars 2016. Julien Magre y présente « ses boîtes photographiques » et propose à la galerie de montrer l’ensemble de son travail autour de sa famille.

En septembre 2017 est présenté Elles, un corpus de 350 images ( photographies, polaroïds, lettres… ) prises entre 1999 et 2017, autour de son travail sur sa compagne Caroline et ses deux lles, Louise et Suzanne, à la galerie Le Réverbère à Lyon, en résonance avec la Biennale de Lyon.

Il prépare pour la rentrée 2018, avec Christine Delory-Momberger, un livre d’entretien.

Ce texte reprend certains passages biographiques écrit par Léa Bismuth.

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