résultat d'une caisse américaine

Fabriquer soi-même ses caisses américaines!

dans Préparer une exposition par

Fabriquer soi-même ses caisses américaines! Mythe ou réalité?

L’objet de cet article est de vous permettre de finaliser des images contrecollées avec un rendu caisse américaine.

Claude, Jean-Claude et moi-même avons fortement illustré l’article pour que chaque étape soit la plus claire possible. S’il reste des zones d’ombre ou si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser. Cela permettra de clarifier l’article pour tout le monde.

Fabriquer une série de caisse américaine demande évidemment un peu de temps et de matériel. En termes de matériel nous séparerons le permanent du consommable.

Cet article est le travail de trois personnes. Trois membres de l’association de photographie contemporaine Lumière d’Encre. Le savoir-faire pour la technique c’est Claude Belime. Les photographies ont été réalisées par Jean-Claude Liehn. Et moi-même pour le texte de description.

Le matériel

Le matériel permanent n’est pas forcément spécifique aux caisses américaines, mais il peut être utilisé si vous faites un peu de bricolage. Dans le cas contraire, cela demande bien évidemment un investissement. Je fais le point sur la partie budget en fin d’article mais normalement dès la première série de caisses américaines cet investissement sera amorti.

Matériel permanent

  • Une machine pour la coupe à 45 degrés (obligatoire)
  • Une machine pour les agrafes (optionnel)
  • Une sangle et des coins métalliques (obligatoire)
  • Des pinceaux (pour la colle et la teinture)

Matériel consommable

  • De la colle à bois (prise rapide)
  • Des agrafes (Spéciales pour les angles)
  • Du bois
  • De la teinture
  • Du scotch double face

La machine à couper

Le plus délicat concerne la machine qui va vous permettre de couper à 45 degrés les baguettes, car il est impératif d’obtenir de découpes propres et exactement à 45°, sinon l’effet esthétique sera catastrophique.

Il y a plusieurs choix. Nous nous sommes concentrés sur le plus standard, à savoir la scie à onglet radiale. En termes de tarif, en manuel cela commence vers 20 euros, en électrique à partir de 55 euros (prix médian 110/120 euros).

Manuel (boîte à onglets)

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Electrique (scie radiale)

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Evidemment les modèles plus évolués, notamment électriques sont beaucoup plus précis, et plus solides. Pour la coupe de bois, il n’est pas nécessaire d’avoir un modèle haut de gamme.

Par contre un point extrêmement important, c’est de valider l’angle à 45 degrés. Les modèles de base sont peut-être un peu moins précis. Il est donc conseillé d’acheter une équerre afin de valider l’angle de coupe. Une simple équerre métallique vous permettra d’être sûr et de modifier l’angle si nécessaire. C’est le point délicat pour la fabrication d’une belle caisse américaine, la jointure entre les 2 baguettes doit être la plus propre possible.

La machine à agrafer

Comme je le souligne ce n’est pas une obligation, mais vous pouvez ajouter des agrafes au coin de votre encadrement pour le renforcer.

Pour ce faire il faut une machine spécifique qui par contre ne vous servira que dans ce cadre précis.

 

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La taille des agrafes doit être adaptée à l’épaisseur de vos baguettes. Dans notre cas, nous avons utilisé des agrafes de 7mm pour ne pas exploser le bois, l’épaisseur de celui-ci étant de 10mm.

La sangle et les coins de protection

Pour la sangle, prévoyez une largeur de 50 mm, et une bonne longueur. La sangle devra faire le tour de votre caisse américaine. Si vous prévoyez de réaliser une caisse américaine de 180 *120 cm, la sangle devra faire 6 m. Vous en trouverez pour 15 euros de longueur 7 m pour 5 cm de largeur. Ou utiliser 2 sangles mises bout à bout.

Pour les coins de protection, je vous mets un lien et cela coûte entre 1,5 et 4 euros selon le matériau.

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Le bois

Se fournir le bois. Première source, aller chez LeroyMerlin ou Lapeyre pour vous fournir. Claude se fournit à l’étranger chez un grossiste qui vend aux particuliers.

Je ne connais pas d’équivalent en France en termes de tarif.

http://www.rinaldin.it/aste/lsa/802

Les baguettes se vendent en longueur de 3 m. Cela vous laisse une grande souplesse pour réaliser de grandes caisses américaines.

Claude a sélectionné la 599G. Le coût au mètre est de 2,90 euros HT.

Calcul de Claude dans son cas de figure : 1 baguette de 3 mètre permet de faire 1 caisse américaine. Il doit en faire 7. Donc 7 * 3 mètres = 21 mètres. En prenant une marge de sécurité Claude commande donc 22 mètres de baguettes pour un coût de 63,8 euros HT soit 76,56 euros TTC.

La surprise porte sur les frais de port. Sur l’interface de commande de Rinaldin, vous pouvez faire un test afin de connaître les frais de port sans complètement valider votre commande. En moyenne en France les frais seront de 40 euros + 2 euros (variable en fonction du poids).

Ce qui porte la facture à environ 120 euros de matière première pour le bois (à peu près 17 euros TTC par caisse américaine).

La teinture

Un exemple de bidon de teinture wengé

 

Comptez à peu près 15/20 euros pour un pot de 0,5 litre pour une superficie de 6m2.

Le scotch double face

Celui-ci doit avoir 2 caractéristiques principales. Ne pas être trop large ou en tout cas être proportionnel à l’épaisseur de vos tasseaux. Et la caractéristique encore plus importante étant que vous devez vous procurer un rouleau de plusieurs dizaines de mètres. Nous verrons plus bas pourquoi.

Celui fournit en lien fonctionne très bien en terme d’adhérence et est assez long pour réaliser 10 caisses américaines de grande taille.

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La fabrication

L’image contrecollée

Une caisse américaine est une finition spécifique. Vos photos auront été contrecollées sur un support définitif, comme le Dibond par exemple. Nous ne parlerons pas de cette étape mais c’est évidemment un prérequis. Maintenant il est assez facile de faire ses tirages dans un labo et son contrecollage dans un autre. Le contrecollage peut être bien sûr réalisé sur autre chose que du Dibond. Il y a plein de matériaux qui maintenant donnent une structure solide à une image notamment dans le cadre d’une finition en caisse américaine.

Vous avez donc vos images contrecollées. Première étape terminée.

A quoi ressemble une caisse américaine?

Il s’agit d’un cadre qui est séparé de l’image par un espace vierge. Cet espace est variable et c’est à vous de définir la taille de l’espace. Le classique est de quelques millimètres à 1 centimètre.

En général l’image contrecollée est sur le même plan que le cadre extérieur. C’est un classique mais vous pouvez bien évidemment varier cette profondeur.

C’est une finition qui a un très grand succès en exposition.

Fig 1 Résultat final obtenu

Voici un arraché vu du dessus. Le spectateur serait à gauche du schéma. 2 schémas, l’un avec les baguettes sélectionnées par Claude et l’autre avec des baguettes plus longues sur le dos.

Fig 2.1 : Schéma avec les baguettes 3,9 cm * 3,9 cm
Fig 2.2 : Schéma avec une baguette de 5 cm sur le dos.

L’épaisseur du tasseau va faire varier la profondeur de votre image.

La différence essentielle entre les 2 schémas est due à la partie concernant le dos de votre encadrement. Sur le schéma de la figure 1, le cas réalisé par Claude, le choix des baguettes 3,9*3,9 cm et du fait qu’il veut laisser un espace entre l’encadrement et l’image d’1,5 cm impose que le tasseau soit très proche du bord de l’image. Vous le verrez sur les photos que nous avons réalisées. Effet secondaire de ce choix: le tasseau risque d’être visible par le spectateur, ce qui va nous obliger à le peindre sur le bord extérieur.

Les mesures

De la même manière que pour un cadre, le passage obligé de la feuille et du stylo. On va partir d’un exemple pour illustrer notre propos.

Nous avons une image contrecollée sur un support et cette image mesure 60 cm sur 90 cm.

Dans notre exemple la baguette fera 1 centimètre d’épaisseur et nous voulons laisser 1 centimètre entre la baguette et l’image (sur tous les côtés).

Côté le plus long : 1 cm + 1 cm + 90 cm + 1 cm + 1 cm = 94 cm

Côté le plus court : 1 cm + 1 cm + 60 cm + 1 cm + 1 cm = 64 cm

Cela vous donne déjà une indication sur la place qu’occupera votre image au mur.

Cela vous donne aussi un renseignement important car c’est la longueur maximale de votre baguette, notamment après la découpe des biseaux.

Fig 3.1 (copyright photo Jean-Claude Lien)

Épaisseur : 1 cm

Espace vierge : 1 cm (Claude a choisit 1,5 cm pour ses caisses américaines mais pour simplifier notre exemple on va dire 1 cm).

Voilà ce que ça donne sur le côté le plus long :

Fig 3.2 (copyright photo Jean-Claude Lien)

Si l’image fait 90 cm sur le côté le plus long + 2 * épaisseur + 2 * espace vierge = 94 cm

Vous constatez bien sur la figure 3.1 que c’est la partie extérieure du biseau, donc la plus longue. C’est important de savoir où on prend sa mesure.

Evidemment, comme vous le voyez sur la figure 3.2, le biseau en haut à gauche est \ et en haut à droite /

Le duo tasseau + image

Comme vous le voyez sur l’arraché de la figure 1, nous allons coller à l’arrière du support contrecollé de l’image un tasseau qui fera tout le tour de l’image. On verra un peu plus bas les dimensions du tasseau. Claude a pris dans son cas un tasseau qui fait à peu près 1,5 cm de côté. Pour les tasseaux, un bois simple fera parfaitement l’affaire.

Fig 4.1 (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Je vous conseille de prendre une baguette en L dont la partie arrière sera la plus grande possible. A minima 3 cm, voire même plutôt 5 cm.

C’est important pour que votre tasseau soit éloigné du bord de l’image. Ça n’a aucun impact sur le maintien de l’image. Par contre si votre espace vierge est conséquent, le tasseau sera visible par le spectateur, si celui-ci est positionné trop près du bord.

Sur le second schéma, le tasseau est positionné à environ 2 cm du bord. Du coup il est impossible pour un spectateur de le voir.

Le tasseau fera le tour complet de votre image. Ce tasseau devra être assez large pour que vous puissiez le visser à la baguette en L. Donc au moins 1 à 1,5 cm. Sa profondeur dépendra de la profondeur que vous voudrez donner à votre image.

Classiquement l’image est au même niveau que le bord extérieur, mais tout est faisable. Sur les 2 schémas, je place l’image à une profondeur intermédiaire.

Si vous souhaitez faire affleurer l’image, votre tasseau devra avoir une épaisseur égale à la profondeur interne moins l’épaisseur de l’image contrecollée.

Dans le cas de Claude l’arrière de sa baguette en L fait 3,9 cm sur chaque face (profondeur et dos). Comme l’épaisseur fait 1 cm, il reste 2,9 cm pour poser le tasseau. Comme dans son cas il veut laisser 1,5 cm, il ne reste plus qu’1,4 cm pour le tasseau, l’obligeant à mettre son tasseau près du bord. C’est pour ça que je vous conseille une baguette dont le dos sera plutôt de 5 cm.

Fig 4.2 Tasseau collé au double face sur le Dibond (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Peindre le tasseau

Cette section n’est pas nécessaire si votre tasseau est éloigné du bord de l’image. Si vous sélectionnez des baguettes en L de 3,9cm*3,9cm vous serez sans doute contraint de peindre aussi la face externe des tasseaux.

Mise en place des tasseaux sur la face arrière du support

Fig 4.3 Collage des tasseaux sur la face arrière du Dibond (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Un double face 3M fonctionne parfaitement pour cette partie de l’opération. Prévoyez une belle longueur puisque le tasseau fait la somme de toutes les dimensions de votre support.

Si on reprend le cas 60*90, cela va donner 2*60 + 2*90 = 3 mètres par caisse américaine.

Fig 4.4 Scotch double face 3M (33 à 66 mètres), 1,9 cm de largeur (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 4.5 collage de la première face sur le tasseau (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 4.6 préparation de la 2ième face pour collage du tasseau sur le Dibond (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Résultat final (non teinté mais vous avez compris l’idée)

Fig 4.7 résultat final (Attention à peindre la face externe des tasseaux avant le collage) (copyright photo Jean-Claude Liehn)

L’encadrement

Vous avez donc votre stock de baguettes en L de longueur à peu près de 3 mètres.

En reprenant notre exemple le côté le plus long fait 94 cm et le plus petit 64 cm.

En totalité il va vous falloir 2 longueurs de 94 cm et 2 longueurs de 64 cm, donc 316 cm. Donc plus d’une baguette.

Mais ça c’est juste de l’optimisation et de la rationalisation de votre stock.

C’est la découpe qu’il va falloir étudier de près. Pensez à valider votre machine à découpe avec une équerre pour être sûr que l’angle est bien de 45 degrés. Une machine à coût modique nécessitera cette opération.

La découpe

positionner votre angle de découpe à 45 degrés et (vérifier le avec une équerre)
Fig5.1 positionner votre angle de découpe à 45 degrés et (vérifier le avec une équerre)

 

Fig 5.2 Découpe à 45 degrés (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 5.3 Schéma des découpes.

En rouge la découpe opérée sur vos baguettes

La photo illustre la découpe de droite sur le schéma.

Fig 5.4 Découpe en cours sur l’angle 45 degrés à droite de la baguette (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 5.5 schéma du résultat après découpe

Une fois que vous aurez découpé vos 4 baguettes, il faudra donc les assembler.

L’assemblage

Nous allons pour cela utiliser de la colle à bois, une sangle, des coins métalliques et un bout de papier.

Dans un premier temps, dégagez votre poste de travail pour positionner votre sangle. Il est important de travailler sur une surface plane plus grande que votre caisse américaine.

Fig 6.1 La sangle à cliquet et 4 coins métalliques prévus pour la sangle.  (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Claude dimensionne la sangle pour être un peu plus grande que l’encadrement prévu.

Maintenant la colle.

Fig 6.2 Une colle à bois à prise rapide (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Colle à bois à prise rapide. La marque est peu importante, mais bon SADER est relativement classique

Fig 6.3 Ajout de la colle sur le biseau (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Sur chacune des baguettes, on ajoute la colle sur toute la superficie du biseau.

Évitez d’en mettre trop, donc plutôt en évitant les bords. Par contre, il faut couvrir tout le biseau.

Fig 6.4 tout le biseau est collé (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Claude en met sur les 2 biseaux qu’il va joindre. C’est aussi pour cela qu’il met assez peu de colle sur chaque biseau.

Fig 6.5 positionnement des baguettes à l’intérieur de la sangle (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 6.6 positionnement des coins de maintien (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 6.7 Serrage avec le cliquet de la sangle pour comprimer l’encadrement (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Pensez à ajouter une feuille de papier pliée ou de la mousse entre le cliquet et l’encadrement, pour empêcher que la partie métallique ne marque le bois.

Fig 6.8 Un des coins métalliques (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 6.9 Encadrement terminé et en train de sécher (copyright photo Jean-Claude Liehn)

La colle est à prise rapide, 2 à 3 minutes. Patientez 15 minutes pour être tranquille.

Le ponçage

Même si vous avez fait attention lors de la découpe et lors de l’assemblage, il y aura quelques défauts.

Prévoyez une éponge à poncer ou un papier de verre, histoire d’éliminer les derniers défauts.

Défaut de collage

Si la colle a débordé, un coup de ponçage et ça disparaîtra assez vite.

Fig 7.1 Sur les angles (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 7.2 À l’intérieur (important si vous laissez beaucoup d’espace vierge)  (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 7.3 Avec du papier de verre  (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Défaut de jointure

Même avec une très bonne découpe, la jointure sera un peu visible. La technique est simple. Au pinceau vous remplissez très légèrement la jointure avec de la colle à bois, puis vous poncez immédiatement. La sciure s’agglomérera avec la colle à bois et remplira la jointure.

Fig 7.4 interstice visible (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 7.5 Ajout d’une fine couche de colle à bois (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 7.6 Au doigt étalez cette colle sur la jointure (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 7.7 Poncez délicatement la jointure à plat pour que la sciure remplisse le trou (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 7.8 La sciure du ponçage est restée sur la partie où la colle est présente. (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Nous n’avons pas attendu que la colle à bois soit sèche d’où l’effet blanchâtre, elle deviendra transparente en séchant. Comme vous pouvez le voir la jointure est invisible contrairement à la première image.

Alors à cette étape nous avons d’un côté l’image solidaire du tasseau et de l’autre l’encadrement de la caisse américaine.

La dernière étape est donc de les réunir pour finaliser votre caisse américaine.

Agrafes pour encadrement (optionnel)

En option il existe un système d’agrafes spécifiques pour l’encadrement. Claude qui a déjà fabriqué des cadres de grandes tailles avec verre est affirmatif : la colle à bois suffit.

Claude étant équipé nous allons donc vous montrer comment cela fonctionne avec des agrafes. Si vous décidez de vous équiper, cela vous demandera d’acheter un matériel clairement spécifique. Claude a la Rolls du genre mais il existe des modèles plus petits. Je vous ai ajouté un lien concernant cette machine au début de l’article.

Dans le cas des caisses que nous avons fabriquées comme l’épaisseur de la baguette est d’1 cm, il a fallu prendre des agrafes de 7 mm. Au-delà vous risquez d’éclater le bois.

Correction de l’article sur ce passage :

Dans le cas où vous préférez utiliser des agrafes pour finaliser votre encadrement, sans utiliser de colle à bois, alors votre système de fixation mural ne devra pas être sur le cadre mais sur l’arrière de l’image. Afin de ne pas faire supporter un poids trop grand sur l’encadrement.

Dans le cas où vous utilisez de la colle à bois, sans utiliser d’agrafes, vous pouvez réellement mettre votre système de fixation sur le cadre.

Fig 8.1 une agrafe en V  (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 8.2 un bloc d’agrafes en V (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 8.3 opération d’agrafage du dos de l’encadrement (par en-dessous) (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 8.4 le résultat à l’arrière de votre encadrement  (copyright photo Jean-Claude Liehn)

C’est bien sûr à l’arrière de votre caisse américaine que vous mettez l’agrafe.

Le système d’agrafe n’exclut pas la colle en bois, c’est une option en plus, non en remplacement.

Teinter sa caisse américaine

Teinter du bois n’est pas très compliqué. Par contre je vous conseille plusieurs choses.

Faire un test

Récupérer les chutes de vos baguettes. Faites des tests de mélange et valider la couleur sur le même bois que vos caisses.

En l’occurrence une teinte qui fonctionne très bien, proche du noir mais sans l’être totalement le WENGE. C’est ce que Claude recherchait pour ses caisses américaines.

Et évidemment ça se trouve dans le commerce 😉

Fig 9.1 Un exemple de bidon de teinture Wengé   (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Claude a mélangé la teinture avec un colorant noir pour avoir une teinte un peu plus foncée.

Calculer la superficie

Je vais vous économiser les formules mathématiques. Si vous êtes un amoureux des maths, vous devriez les retrouver facilement. Dans le cas contraire, je vais vous perdre ici.

Sachez que pour le cas d’une dizaine de caisses aux dimension de 64 cm * 94 cm avec des baguettes 3 cm sur 5 cm, il faut compter une superficie de 3 m2. Donc 6 m2 pour 2 couches. Prévoyez suffisamment large. Et avec cette simplification vous avez un ordre de grandeur pour éviter de sous-évaluer la surface à peindre.

Ce calcul est important si vous comptez faire des mélanges. Dans le cas d’une teinture simple, si vous êtes en rupture, il vous reste la solution de retourner au magasin pour racheter un bidon de la même référence. Par contre cela donne une idée du consommable en termes de teinture de manière globale.

 

Fig 9.2 La partie la plus longue car il faut que la teinture soit équilibrée (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Fixer l’image sur le cadre

Cette partie va demander d’être minutieux dans l’écartement entre l’image et l’encadrement.

Claude a décidé de laisser un écart de 1,5 cm entre le bord de l’image et la baguette.

Premièrement positionner l’encadrement sur le plan de travail, puis, muni de gants, l’ensemble tasseau + image.

Fig 10.1 Posez le duo tasseau/image au milieu de votre encadrement (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 10.2 Mesurez les espaces entre l’image et l’encadrement (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Positionnez votre image avec l’écartement souhaité.

Faites glisser le cadre sur le bord de votre plan de travail.

En maintenant de la main (avec gant) votre image d’une main, percez l’encadrement et tasseau par en-dessous.

ATTENTION prenez vos repères pour ne percer que l’encadrement et le tasseau. Vous ne devez pas atteindre l’image!

Fig 10.3 perçage en maintenant à la main cadre et image. Attention à la longueur de la mèche. (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Un coup de vis. Répétez l’opération sur l’autre angle. Avec 2 vis vous saurez déjà si votre image est correctement positionnée. Si c’est bien le cas, répétez l’opération sur tous les angles. Puis au milieu de chaque section.

Fig 10.4 vissage des 2 blocs : tasseau/image + encadrement (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Fig 10.5 Visuel arrière : les vis prennent donc l’arrière de l’encadrement et le tasseau (copyright photo Jean-Claude Liehn)

 

Ajoutez une vis en milieu de section
Fig Une fois que vous avez fixé et validé sur les coins, rajoutez une vis en milieu de section (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Le système de fixation

Votre finition en caisse américaine est finie mais il va bien falloir y ajouter un système de fixation pour la fixer au mur.

Nous avons décidé d’ajouter un système simple qui se visse. A ajouter de chaque côté.

Fig 11.1 positionnez les agrafes sur le côté selon la largeur de votre caisse américaine (copyright photo Jean-Claude Liehn)

Au delà d’une certaine taille (>60cm sur l’horizontal) il est conseillé de mettre 2 systèmes d’attache. Un de chaque côté. Une caisse américaine selon le bois utilisé peut devenir lourde (Dibond+bois). Il est donc raisonnable d’avoir 2 points d’accroche pour répartir le poids global.

Le rendu final

Voici le résultat final d’une des caisses américaines réalisées par Claude.

Fig 12.1 Une des 7 caisses américaines de l’expo de Claude à la Galerie Lumière d’Encre du 8 décembre 2016 au 28 janvier 2017

 

Mise en situation des caisses américaines de Claude pour son exposition.
Fig 12.2 Mise en situation des caisses américaines de Claude pour son exposition.

En vous souhaitant de belles réalisations pour vos images.

Cet article a été réalisé en collaboration avec Claude Belime et Jean-Claude Liehn de l’association de photographie contemporaine Lumière d’Encre.

En conclusion

En terme de Budget

  • Machine pour la découpe : 20 à 200 euros selon le modèle.
  • Machine pour les agrafes : 200 euros
  • Sangle et coin : 30 euros
  • Bois pour 10 caisses (64*94) : 32 mètres pour 154 euros TTC (fdp inclus)
  • Bois pour tasseau : Entre 5 et 30 euros (selon la profondeur)
  • Scotch double face 3M 4026 (Longueur 33 mètres) : 40 euros
  • Colle à bois Sader prise rapide : 10 euros
  • Teinture V33 : 15 euros

Pour une première opération pour 10 caisses américaines (94cm*64cm), comptez un budget :

  • Sans agrafes : 389 euros (incluant un prix médian de 110 euros pour la machine à découpe), soit un coût de 40 euros pour vos 10 premières caisses américaines.
  • Avec agrafes : 589 euros (incluant 200 euros pour la machine à agrafes), soit à peu près 60 euros de coût pour vos 10 premières caisses américaines.

Tout ce qui est machine et matériel comme la sangle sera évidemment réutilisable au fur et à mesure de vos besoins.

En termes de temps

Chaque étape peut être réalisée de manière indépendante, mais il faut compter 2 jours de travail pour réaliser vos 10 caisses américaines.

 

J’espère que cet article vous aura intéressé

Je ne suis pas franchement un bricoleur dans l’âme et j’étais très curieux de voir la réalisation de caisse américaine soi-même. Un grand merci à Claude, car c’est effectivement tout à fait réalisable pour qui veut se lancer dans l’opération. Avec un résultat extraordinaire.

Résultat que vous pouvez découvrir du 8 décembre jusqu’au 28 janvier à la Galerie Lumière d’Encre, située au 47 rue de la république – 66410 – Céret.

Retrouvez d’autres conseils concernant la mise en place de vos expositions dans mon livre (ebook ou papier)

Mon livre « Exposez vos photographies »

Nicolas, Exposez-vos-photos.fr

Auteur-Photographe depuis 2009 Organisateur des Echappées Belles de 2011 à 2014. Membre actif de Lumière d'Encre, http://www.lumieredencre.fr Auteur-Photographe : http://www.nicolaspoizot.fr

4 Comments

  1. Bonjour Nicolas,

    Très bon article ! Ça donne envie de s’y mettre 🙂

    Juste quelques questions au niveau du système de fixation :
    – Comment être sûr que celui qu’on choisi sera suffisant pour supporter le poids de l’ensemble ?
    – Quels est le système d’attache que tu recommandes, surtout si c’est pour accrocher sur des cimaises ensuite (avec des crochets parfois assez gros) ?
    Enfin je n’ai pas trop saisi cette partie là :
    => « Dans le cas des caisses que nous avons fabriquées comme l’épaisseur de la baguette est d’1 cm, il a fallu prendre des agrafes de 7 mm. Au-delà vous risquez d’éclater le bois. Mais dans ce cas le crochet de fixation ne doit pas être sur le cadre mais au dos de l’image. Afin de ne pas faire supporter un poids trop grand sur l’encadrement. »
    Il vaut donc mieux mettre le système de fixation au dos du Dibon si on mets des agrafes, ou bien juste si on éclate le bois ? (Parce que si on éclate le bois, j’imagine que le cadre est un peu mort non… ?
    Et si on mets l’attache au dos du Dibon, l’accrochage au mur n’est-il pas beaucoup plus compliqué ensuite ?

    Sachant qu’a priori j’aurai plus tendance à mettre le système de fixation sur le Dibon plutôt que sur le cadre, mais ça fait un accrochage loin du mur du coup (et donc peut-être une tension dessus qui est moins « normale », avec risque de décollage à la clé)…

    Merci pour cet article fort détaillé en tout cas !

    • Hello Guillaume,
      Je réponds à tes questions et je vais clarifier l’article pour les points moins clairs.
      Je ne me suis pas appesanti sur le système de fixation c’est clair. Mon choix portera sur un système que vous allez visser à votre cadre. Ca sera de toute manière plus solide. Ensuite ces systèmes indiquent le poids qu’ils peuvent supporter. Normalement une caisse américaine n’est pas si lourde. Tout dépend bien sûr du bois que vous allez utilisez. Mais regardez bien dans le cas des caisses américaines de Claude, il s’agit de simple triangles. Dans mon souvenir, ces caisses font 84*77cm et c’est bien du Dibond qui est utilisé pour contrecoller l’image.
      Je reverrai cette partie là avec Claude pour clarifier.
      Pour la partie agrafe, je vais clarifier car c’est une option. Mon texte s’applique si vous décidez de mettre des agrafes mais pas de colle. En remplacement. Et là effectivement il vaut mieux que le système de fixation soit à l’arrière de l’image et pas sur le cadre.
      Dans le cas ou votre encadrement est fait avec de la colle à bois (avec ou sans les agrafes) vous pouvez mettre le système de fixation sur le cadre.
      Et si on éclate le bois, oui votre cadre est mort (en tout cas la partie qui a éclaté). Dans le cas ou vous voulez utiliser des agrafes, il faut donc utiliser une dimension inférieure à l’épaisseur du cadre, sinon risque d’éclatement.
      Et pour votre dernière remarque, c’est pour ça que le système de fixation est a mettre sur le cadre et non sur le dos de l’image.

      • Merci pour ces éclaircissement Nicolas ! 🙂

        Je m’étais aussi toujours demandé comment tenais le Dibon dans la caisse américaine, grâce à cet article j’ai donc ma réponse, il est juste collé dessus 🙂

        Un grand merci pour cet article (et l’ensemble du blog d’ailleurs !)

Vous en pensez quoi?