Informations pratiques

L’exposition est visible du 9 juin au 27 aout 2017

Horaires : entrée libre du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h 30

Stimultania – Strasbourg : 33 rue Kageneck, 67000 Strasbourg

+33 (0)3 88 23 63 11

www.stimultania.org

L’exposition

Pour ses 30 ans d’existence, Stimultania donne carte blanche à son fondateur, Bob Fleck. Énigmatique, osée, éphémère, l’exposition « L’image latente ou l’attente de l’image » fait la part belle aux réflexions sur les mécanismes contradictoires de l’acte photographique.

« Latence attente de l’image beauté du geste photographique. Image miroir caché(e).
En face, l’autre geste….
et son apparition-disparition. »

Bob Fleck.

Si la photographie se veut être un enregistrement mécanique et objectif du réel, elle n’est pas moins une source de doute, de fantasme et d’émotion.
La photographie nous permet d’observer et d’enregistrer. Or « faire une photographie » induit une contemplation et une appropriation du monde.
Bob Fleck, membre fondateur de Stimultania, questionne directement l’acte photographique et son support. Ces images prennent toutes les formes (tirées, télévisées, évanescentes…). La pratique de Bob Fleck est tournée autour d’une action : la disparition. Ses photographies ne sont pas une copie conforme de la réalité mais une recherche de l’expérience où s’entrechoquent ses envies, ses projets et ses émotions. L’ensemble de sa production est intimement liée aux épreuves de sa vie. Animé par ce désir de créer, Bob préfère les images floues, confuses, altérées où seul le spectateur tend à s’évader d’une réalité.

Le fondateur de Stimultania nous dévoile un travail toujours en cours de réflexion où le public est invité à pénétrer dans ce lieu si singulier qu’est l’atelier. Dans l’espace d’exposition de Stimultania, Bob Fleck investit chaque parcelle de mur et chaque recoin bétonné. Mêlant tirages d’époque, appareils photo, caméras, factures, lettres, dessins ou encore sa collection d’objets plus incongrus les uns que les autres, le spectateur est dans un premier temps submergé par cette masse d’informations. L’attachement de l’artiste aux choses vient contraster avec son envie de disparition.

Bob rompt avec l’utopie de ce qu’il nomme le « vrai » photographe pour se qualifier de « faux » photographe. Autodidacte, le personnage Bob Fleck serait certainement plus proche du performeur que du photographe. La création de Photo Mégot, au 14 rue Sainte-Hélène en 1974 à Strasbourg, transgresse la « normalité » d’un studio photo en proposant une approche expérimentale de la prise de vue. Le parcours et la production de Bob Fleck interpellent sans cesse par leur richesse plastique et expérimentale.

Loin du voyeur dérobant des images, Bob Fleck contemple la rue et ne cesse de provoquer la rencontre. Ses photographies de la Grand’Rue à Strasbourg en 1980, ainsi que ses portraits de passants en 1983, rappellent l’errance du photographe glanant les images. En 1992, Stimultania a 5 ans. « Photofolies » prend place, invitant le public à se photographier à l’aide d’un dispositif d’une chambre photographique déclenchée par une poire. Cet imposant appareil sur son trépied de bois n’est pas sans rappeler l’héritage des photographes mobiles improvisant des studios photo et cela dès les années 1910.

La multiplication des autoportraits du photographe est la preuve de son existence et de sa place dans ce monde qu’il ne cesse de rêver. Entre une figure fantomatique et un être grotesque, Bob Fleck se met en scène régulièrement avec autrui, avec ses objets ou encore avec ses chiens comme pour se relier au monde qui l’entoure et attester de cette connexion sensible. Ses « Autoportraits à l’Atelier avec mes amis » comme il les nomme, à la chambre Technica Linhof et avec des lms Polapan 55, nous font sourire et nous charment tant par le jeu « face camera » que par une certaine caricature du métier de photographe.
Sous le regard de cette caméra, le personnage Bob Fleck se joue de nous et disparaît sans cesse pour mieux réapparaître. La photographie permet cette expérimentation de soi et de son image.

Si la photographie peut permettre de se souvenir et d’ancrer un évènement dans le visible et la mémoire, pour Bob, la pratique de l’image, animée ou xe, rime aussi avec une disparition. L’artiste déroge aux règles du métier de photographe pour tendre vers un refus du connu, où le document photo n’est autre qu’un langage sensible.

L’acte photographique chez Bob est une expérience : celle du monde qui l’entoure, des êtres aimés et d’un territoire.

Lucine Charon [Extraits de la che de salle de l’exposition]

Bob – Israël Mégot

© Image scannée, négatif Polapan 55 P/N © Bob Fleck, 1974

« Fondé dans le substrat alsacien, élevé suivant les canons d’une famille commerçante et colmarienne puis grognard des années 68, Bob Fleck est philosophe et poète. La photo couvre depuis longtemps ses pérégrinations multiples.

Parce que sa vocation intime – le cinéma – a certainement manqué d’étayage (c’est dommage car il y a l’âme d’un Jacques Tati en Bob !), il adopte l’École d’architecture des Beaux-arts de Strasbourg et sa fanfare. Bien que malentendant à cause d’une lointaine maladie infantile, il y devient un clarinettiste virtuose et entretient depuis des liens privilégiés avec les anciens musiciens devenus tous d’éminents architectes.

Durant ces années estudiantines, l’objectif se substitue progressivement à la pointe sèche des épures, au lavis et au fusain : ses confrères deviennent ses premiers modèles et la ville – qu’il plonge dans l’ombre, le mystère et la volupté – son premier sujet.

il conserve de ces études un incommensurable amour du bricolage et une merveilleuse aptitude à transformer la matière.

Grâce au salaire de son premier – et dernier – job d’architecte en agence dans la vallée de Villé, il achète un Asahi Pentax Spotmatic avec l’objectif Zeiss, au nom prédestiné de Flektogon 2,8x28mm. Muni de cet appareil il part à Londres et réalise sa première exposition avec les images rapportées de ce voyage dans son appartement Place Saint Nicolas des Ondes. il se consacre alors entièrement à sa passion – la photo – et, de façon plus large, à tous les arts de l’image.

Adepte des romans de science- fiction qui dénoncent par l’absurde l’ignominie d’un présent, il est nostalgique de la beauté perdue du passé qu’il caresse dans de vieux objets. Des spécimens rares de caméras et appareils pictographiques, riches de toute la mémoire de leurs ombres projetées, peuplent peu à peu les greniers où il établit ses ateliers successifs.

Projection ou réminiscence aident l’artiste, en quête d’absolu, à transformer le réel.

Bob met ses talents au service de la culture régionale, illustre des plaquettes sur l’architecture, la vie artistique strasbourgeoise et les expositions d’art alternatif

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